Comment obtenir un diagnostic de syndrome d’Asperger en France ?

Parmi la centaine de messages privés que je reçois quotidiennement (entre les livres, les blogs, les pages FaceBook & les groupes de discussion que je gère), pas un jour ne se passe sans qu’un ou plusieurs de ces e-mails ou MP ne concernent le diagnostic de syndrome d’Asperger  :hum:

Question qui peut se résumer à une phrase, simple en apparence : comment obtenir un diagnostic de syndrome d’Asperger en France ? :up:

Mais qui nécessite en réalité une réponse longue & détaillée…

En introduction, comme je l’évoque largement dans mon deuxième livre :

Autant pour passer un bilan psychologique en vue d’identifier une hypothétique douance intellectuelle, c’est finalement assez simple (si si, croyez-moi ça l’est, comparativement au parcours du combattant que représente un bilan lié au spectre autistique). […] Autant pour les TSA en règle générale, et en particulier sur un adulte, c’est une autre histoire.

Extrait d’Asperger & fière de l’être. Voyage au cœur d’un autisme pas comme les autres  (éditions Eyrolles)

 

Mais pourquoi ça, me direz-vous ? Et bien parce que l’on parle précisément d’un diagnostic, ce que n’est pas la détection d’un éventuel Haut Potentiel Intellectuel (même si le terme est souvent employé, abusivement). Tout diagnostic doit (en France) nécessairement être établi par un docteur en médecine.

Ainsi, là encore, je le souligne avec force :

Le diagnostic ne peut catégoriquement pas émaner d’un (neuro)psychologue. Il est capital de le savoir car certains praticiens, à l’éthique contestable, le proposent et trompent sciemment les gens qui se retrouvent avec quelque chose qu’ils croient en toute bonne foi être un diagnostic… et qui n’a absolument aucune valeur in fine. L’apport du (neuro)psychologue est partie prenante dans le processus d’identification, mais ça n’est pas lui qui prend la décision finale, il n’en a pas le pouvoir.

Un TSA, quelle que soit sa forme, doit impérativement être diagnostiqué médicalement. Il doit donc être attesté par un médecin (ce que n’est pas un psychologue ou un neuropsychologue).

Extrait d’Asperger & fière de l’être. Voyage au cœur d’un autisme pas comme les autres (éditions Eyrolles)

Asperger et fière de l'être. Voyage au cœur d'un autisme pas comme les autres

 

Vous l’aurez probablement compris maintenant : on ne peut pas être diagnostiqué(e) autiste (Asperger ou toute autre forme de Trouble du Spectre Autistique – puisque le DSM-5 rassemble maintenant toutes les formes autistiques sous une appellation unique : les TSA, même si la CIM-10 emploie encore l’expression syndrome d’Asperger) sur la simple base de consultation(s) d’un (neuro)psychologue.

Pas plus qu’en consultant un “psychopraticien“, quand bien même il s’autoproclamerait grand manitou du syndrome d’Asperger, de la douance & autres choses très porteuses en termes de clientèle en errance :down:

:finger: petit rappel nécessaire : en France le titre de psychologue (dont font partie les neuropsychologues) est protégé par l’Etat. Il nécessite d’avoir obtenu un diplôme universitaire de 5 années d’études en psychologie (Master 2, ou anciennement DESS / DEA). Les psychologues, comme tous les professionnels de santé reconnus doivent avoir un numéro ADELI.

L’absence actuelle de réglementation du terme psychopraticien permet à n’importe qui, qualifié ou pas, d’user de cette formulation vague. Votre marchand de journaux ou votre mamie peuvent, demain, se dire psychopraticiens.
Et s’ils n’ont pas de numéro ADELI, cela ne les empêche pas de recevoir des patients pour la plupart étrangers à ces subtilités, & victimes de la filouterie consistant à réduire le titre à un simple “psy“. Le grand public – pour qui un psy est un psy – ne sachant que rarement ce qui distingue un psychiatre d’un psychologue, ou encore d’un psychothérapeute, d’un psychanalyste, & maintenant d’un psychopraticien… donnant du “Docteur” à tout le monde :fbhugh:

Attention donc ! Un diagnostic de TSA doit impérativement être signé d’un médecin, en général psychiatre (ou pédopsychiatre pour les plus jeunes). Émis par un psychologue, il n’aura aucune valeur & ne pourra absolument pas donner lieu à une reconnaissance quelconque de la MDPH (pour Maison Départementale des Personnes Handicapées).

Revenons à nos moutons. Comme je le précise toujours aux gens qui me contactent, aller au bout du diagnostic est une démarche extrêmement personnelle, qui n’appartient qu’à celui ou celle qui est concerné(e).

Entreprendre un diagnostic de TSA, qui plus est à l’âge adulte, n’est pas une décision qui doit se prendre à la légère ou qui doit être initiée par un tiers. Cette aventure est coûteuse (ne serait-ce qu’au plan émotionnel) & aura – quel qu’en soit le résultat final – des conséquences & des répercussions sur l’individu.

Il faut donc que cela vienne de lui ou d’elle, afin qu’il/elle soit prêt(e) à affronter cela. Comprendre par là suffisamment fort dans sa tête pour faire face à une décision qui peut parfaitement aller dans le sens attendu, ou pas du tout !!!
Or, se relever de conclusions qui ne valident pas ce dans quoi l’on s’est reconnu pendant de longs mois, ou des années, peut s’avérer être délicat à vivre, pour ne pas dire violent. Ça l’est d’autant plus si on n’y est pas préparé(e).

D’où l’impérieux besoin pour moi de toujours avertir sur ces points, auxquels tous ne réfléchissent pas toujours, emportés par l’euphorie d’avoir trouvé en apparence la cause de leur décalage :)

Il n’y a en tous cas ni bonne ni mauvaise solution. Certains vivront sans problème en restant sur un autodiagnostic, d’autres ne se sentiront autorisés à se penser & se dire aspie qu’après un diagnostic officiel posé.

J’appartiens à la seconde catégorie. Pour autant, je ne porte jamais de jugement sur autrui (encore moins de diagnostic sauvage… ce n’est pas mon rôle). Chacun a une histoire & une personnalité qui lui sont propres & ce qui compte est d’être en accord avec ses valeurs profondes !
Il me parait simplement primodial de porter à l’esprit de ceux qui liront ce billet cette remarque :

[…] il me semble que le risque, en restant sur cette auto-reconnaissance, est de se perdre sur un chemin qui n’est pas le sien.

Extrait d’Asperger & fière de l’être. Voyage au cœur d’un autisme pas comme les autres (éditions Eyrolles)

 

Reste la problématique de celles & ceux qui voudraient partir en quête de ce diagnostic mais ne le peuvent pas, pour X raisons (parfois parce qu’ils ont une pathologie qui rendrait le syndrome d’Asperger difficilement décelable, ou parce que leur entourage refuse tout net, ou encore parce qu’ils ne peuvent malheureusement avoir accès à ce bilan). De même que la problématique de celles & ceux qui en ont été déboutés, de ce diagnostic formel. Parfois au bout de 2 ou 3 années d’attente  :pff:

Chaque personne représente un cas d’espèce, c’est pourquoi il est impossible de répondre à cette interrogation autour du diagnostic de syndrome d’Asperger en deux mots.

Ce bilan diagnostic pour une supposée appartenance au continuum autistique est complexe à obtenir pour les patients, comme ardu à poser pour les praticiens.

Il existe concrètement deux voies pour être reconnu comme présentant le syndrome d’Asperger :

  • la voie publique, en passant par les unités qui dépendent des CRA (les Centres de Ressources Autisme, présents dans chaque région en France métropolitaine) ou par les Centres Expert. Elle est sectorisée (c’est à dire qu’elle dépend strictement de votre lieu de résidence – pas moyen de choisir son unité, ou son équipe de professionnels), mais elle est totalement gratuite & sans avance de frais, à condition d’être à jour de ses droits assurance maladie ;
  • la voie privée, en passant par un psychiatre qui exerce en libéral. Vous serez entièrement libre de le choisir, mais vous le réglerez (ce qui n’est pas un drame, car les consultations psychiatriques sont in fine remboursées en France. Attention cependant, si vous avez 26 ans ou plus & souhaitez être remboursé(e) au mieux, il vous faudra respecter le parcours de soins coordonnés en consultant préalablement votre médecin traitant afin qu’il fasse un courrier destiné à ce psychiatre).

 

Côté patients, les démarches en France sont un long (très très long parfois…) parcours. Dans la voie publique, ceci est vrai pour les adultes mais l’est tout autant pour les enfants. On compte malheureusement en années (au pluriel oui… :x ) le délai moyen qui s’écoule entre le dépôt du dossier & le premier entretien.

Côté praticiens, il faut vraiment être très connaisseur pour être en mesure de débusquer les adultes aspies, bien cachés sous leur éphémère costume de caméléon, sans erreur (dans un sens ou dans un autre).

Et c’est la raison pour laquelle ces bilans se font, dans les unités diagnostiques des CRA (voie publique donc), avec le concours d’équipes pluridisciplinaires. Composées a minima d’un psychiatre & d’un (neuro)psychologue – s’occupant chacun de sa partie – elle peut aussi être augmentée, selon les besoins de chaque patient & selon le fonctionnement de chaque unité, d’un infirmier, d’un psychomotricien, d’un généticien, d’un orthophoniste.

Pour ne détailler que les rôles des deux principaux intervenants :

  1. le psychiatre mène les entretiens cliniques, établit l’anamnèse, écarte ou non la présence de trouble(s) ou de pathologie(s) mentale(s). Mais c’est lui fait la synthèse & pose (ou à l’inverse écarte…) le diagnostic d’autisme ;
  2. le psychologue procède à la passation des tests & des échelles sur lesquelles le psychiatre va partiellement s’appuyer pour établir le diagnostic différentiel.

 

Quand on se dirige vers la voie publique que doit-on faire ?

En premier lieu, il vous faudra vous rapprocher du CRA de votre région. Celui-ci vous indiquera alors les coordonnées de l’unité diagnostique dont vous dépendez (en gardant bien à l’esprit que ce ne sera pas forcément la plus proche – géographiquement parlant – de chez vous. Mais celle dont votre domiciliation dépend ! ce qui est parfois bien différent…).

Si l’on y retrouve d’ordinaire les mêmes protocoles, il faut savoir que chaque unité publique a tout de même son propre fonctionnement.
Certaines vont par exemple filtrer les demandes qui leur sont faites, d’autres pas. On pourra ainsi dans une région exiger un premier avis émanant d’un psychiatre, ou un prédiagnostic appuyé par un certain nombre de bilans (réalisés à vos frais, chez un (neuro)psychologue, puis validés par un médecin généraliste ou un psychiatre). Quand dans la région voisine rien ne sera demandé pour déposer un dossier.
Certaines unités vont vouloir recevoir la personne concernée par le bilan diagnostic avec un ou des proches (conjoint, parent(s)), d’autres pas.
Certaines unités vont filmer tout ou partie des entretiens, d’autres pas.

Tout est possible à ce niveau-là. Et l’explosion des demandes de bilans depuis quelques années ne simplifie pas la situation. Certes, des unités consacrées à plein temps aux adultes ont été créées, pourtant elles ne sont pas en nombre suffisant pour rendre facilement accessibles ces examens, qui demandent aux équipes beaucoup de temps pour chaque patient.

À noter que les problèmes sont dans les grandes lignes les mêmes concernant les enfants & les adolescents. Il faut communément attendre plus d’une année, voire deux… ou trois, pour accéder au bilan qui posera un diagnostic  :(

Ne soyez donc pas pressé. De toutes façons, cela ne vous fera pas passer plus tôt  :P

L’unité publique dont vous dépendez, une fois passées les éventuelles étapes préliminaires qu’elle est libre d’imposer (premier avis extérieur, prédiagnostic, etc.), vous enverra un dossier à compléter & à retourner.
Puis… bien plus tard, elle reviendra vers vous par courrier en fixant une date pour débuter le bilan.

Durant ce laps de temps, entre le dépôt de votre dossier & l’obtention d’une (série de) date(s), vous n’aurez rien d’autre à faire que prendre votre mal en patience. Ce qui est en réalité très éprouvant, avec des hauts & des bas, des doutes, des envies que tout aille vite.

Arrivera enfin (!) le jour J, avec une longue série d’entretiens, de questionnaires, de tests. Dont, obligatoirement, une évaluation psychométrique (grossièrement appelée test de QI), car qui dit syndrome d’Asperger, dit absence de déficience intellectuelle :up:

Le test utilisé pour les grand ados & les adultes est le WAIS (pour Wechsler Adult Intelligence Scale) dans sa 4ème édition. Afin de mieux comprendre de quoi il s’agit, reportez-vous à ce billet sur mon autre blog  :finger:Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Wais-IV”  :like:

Après avoir réalisé l’ensemble des entrevues & des tests planifiés par l’équipe pluridisciplinaire de l’unité consultée, vous sera fixée une date ultérieure pour ce que l’on appelle la restitution de ce bilan. C’est à dire un rendez-vous au cours duquel les conclusions des praticiens en charge de vous évaluer vous seront détaillées.

Le verdict vous sera donné par oral, mais aussi par écrit (avec des comptes rendus plus ou moins épais, ici encore, selon les unités).

Ce qu’il faut retenir : l’aboutissement de ce bilan diagnostic est strictement personnel. Il n’est transmis à aucun organisme, il vous est uniquement destiné  :round:

 

Quand on se dirige vers la voie privée (ou voie libérale) que doit-on faire ?

Tout commence par le plus dur : dénicher les coordonnées d’un psychiatre spécialiste du syndrome d’Asperger chez l’adulte :!:

Voire, plus compliqué encore, en trouver un qui soit particulièrement connaisseur du SA conjugué au féminin…

Petit rappel des mots – toujours si justes – du Pr Laurent Mottron qui a postfacé avec sa doctorante, Pauline Duret, “Asperger & fière de l’être“. Il mettait en garde dans une excellente émission consacré aux aspies (à retrouver dans la vidéo que j’ai partagé ici même :finger:  “On démystifie le syndrome d’Asperger”) :

“Un peu de mesure, que toutes les personnes qui écoutent l’émission ne s’autodiagnostiquent pas parce qu’ils ont certaines particularités. Ça reste un diagnostic d’expert, quand c’est nuancé comme ça !
Tout le monde peut diagnostiquer un Asperger quand c’est un tableau clair, mais quand on arrive à : des femmes + adultes + intelligentes, ou des hommes après 40 ans, là plus on s’éloigne du tableau classique, plus il faut de l’expertise je dirais.”

 

Or il est vraiment délicat de trouver à côté de chez soi cette fameuse expertise. Mais si elle est rare en France, elle reste indispensable pour ne pas ressortir du cabinet avec une profonde déception, voire une grande colère d’avoir entendu des lieux communs sur ce que devrait être ou non, selon ce praticien, un “vrai” aspie  o.O

(ce revers peut tout aussi bien arriver en consultant dans une unité publique. Leurs compétences étant, un peu à l’image des exigences pour avoir le droit de déposer un dossier d’évaluation, fonction de chaque équipe… C’est aussi un des inconvénients de la voie publique : ne pas pouvoir choisir)

Parmi les spécialistes, vous avez :

  • dans l’Ouest de la France, le Dr Elisabeth Delouvrier
  • dans le Sud-Est, le Pr Bruno Gepner (qui est actuellement en congé sabbatique)
  • sur Paris, le Dr Lilia Sahnoun
  • toujours sur Paris, le Dr Ovidio Ramos

 

N’hésitez pas à vous adresser au CRA de votre région qui pourra aussi vous indiquer des noms, ou encore aux associations qui peuvent aussi vous aiguiller.

Une fois un psychiatre trouvé, c’est lui (ou elle) qui guidera entièrement votre bilan diagnostic, en fonction de ses habitudes, de ce que vous lui apporterez comme matière & de votre profil. Selon que vous ayez ou non déjà passé des tests (de QI, auprès d’un psychologue, par exemple), il ne vous sera pas demandé la même chose.

Le psychiatre peut donc être amené à analyser ce que vous lui confiez comme éléments déjà identifiés par d’autres, en les mettant en relation avec les entretiens que vous aurez face à lui. Comme il peut vous demander d’aller (re)passer divers tests chez un (neuro)psychologue, un orthophoniste ou un psychomotricien.

Si tel est le cas, ces passations ne seront pas remboursées puisqu’elles auront lieu en libéral, auprès de professionnels n’étant pas médecins.

Que ce diagnostic soit posé après moult rendez-vous & tests, ou qu’il tombe suite à une unique visite, il est officiel dès lors qu’il émane d’un docteur en médecine.

Ce qui ne sera pas le cas si vous entreprenez de consulter en libéral un psychologue, au lieu d’un psychiatre. Son avis n’aura pas de valeur diagnostique & il vous faudra, ensuite, passer par la case “validation chez un médecin” pour que cela soit reconnu comme il se doit.
Avec la difficulté de trouver un docteur (généraliste ou psychiatre) qui accepte de certifier un diagnostic d’autisme sans avoir été partie prenante du processus d’évaluation. Pour ces raisons, il me semble plus simple de consulter directement un psychiatre expert ;)

Je précise que la question n’est pas ici de juger de la compétence ou non du psychologue à identifier convenablement une personne avec autisme, mais uniquement de l’aspect officiel du diagnostic. Même le meilleur psychologue en ce domaine n’a pas le pouvoir de poser un diagnostic médical. Tout simplement.

 

Voilà, j’ai fait le tour des possibilités françaises d’obtenir un diagnostic formel de syndrome d’Asperger, pour celles & ceux qui ne veulent pas rester sur un autodiagnostic.

En espérant que ce billet, que j’ai voulu exhaustif (& qui est de ce fait un peu long), réponde aux questions pratiques du plus grand nombre  :D


:finger: quelques billets complémentaires du blog, pour mieux comprendre ce qu’est (ou n’est pas) le syndrome d’Asperger :


Les Tribulations d'un Petit Zèbre, le livre du blog !

À propos de Alexandra Reynaud

Autiste Asperger avec très haut QI, diagnostiquée à 32 ans ◦˚ஐ˚◦ Blogueuse • Maman • Conférencière • Auteure aux éditions Eyrolles
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13 réponses à Comment obtenir un diagnostic de syndrome d’Asperger en France ?

  1. Une bonne occasion de rendre compte de la manière dont mon diagnostique a été pratiqué.
    Je prends ma retraite en 1995. Me sépare de ma concubine notoire et de l’appartement que j’avais à Paris pour m’installer dans la maison de ma famille maternelle dont mon grand père et son frère qui, je m’excuse pour l’insert mais, cela a beaucoup d’importabce pour mon statut psyhiatrique : “JUNCKER Maurice
    Né en 1879 dans la banlieue parisienne ; avocat à la Cour d’appel de Paris ; militant syndicaliste de la Seine ; tour à tour socialiste SFIO, communiste, socialiste-communiste, puis militant du Parti d’unité prolétarienne (PUP).
    Maurice Juncker, diplômé de l’École des langues orientales, songea un moment à entrer dans la carrière diplomatique mais, finalement, se fit inscrire au Barreau et fut avocat à la Cour d’appel de Paris où il plaida aussi bien des affaires civiles que des procès politiques.
    Il avait fondé l’Union des étudiants républicains aux temps de l’Affaire Dreyfus ; il collabora ensuite aux Universités populaires et aux Jeunesses laïques.
    Il adhéra à la SFIO lors du congrès d’unité en 1905. Depuis cette même année, il était membre du conseil judiciaire de l’Union des syndicats de la Seine. Il y assura la direction de la revue Le Droit ouvrier, en particulier avec Henri Fradin* et en fit une revue de législation et de jurisprudence fort importante pour le mouvement ouvrier.
    En 1912, il défendit, avec Pierre Laval, les militants du conseil syndical des instituteurs devant le tribunal d’Angers.
    Maurice Juncker appartint à la minorité pacifiste de la SFIO pendant la Première Guerre mondiale. Il rallia ensuite le Parti communiste et la IIIe Internationale au congrès de Tours (décembre 1920). Il suivit L.-O. Frossard lors de sa démission du Parti communiste en janvier 1923 et participa à la fondation du Parti communiste unitaire quelques jours plus tard, le 17. Maurice Juncker fut ensuite membre de l’Union socialiste-communiste formée le 29 avril 1923 de la fusion de deux scissions du Parti communiste, le Parti communiste unitaire et l’Union fédérative socialiste — et qui publia pendant quelques mois L’Égalité.
    Maurice Juncker resta membre de cette petite organisation qui prit le nom de Parti socialiste-communiste en 1927 et il fut rédacteur en chef de son organe : L’Unité ouvrière. L’année suivante, il répondit à une grande enquête que faisait le journal La Fédération balkanique sur les possibilités d’existence d’une Fédération balkanique : il se prononçait pour la réalisation d’une telle Fédération sous la responsabilité du prolétariat uni. Cette même année 1928, il avait été amené à collaborer à la défense du dirigeant roumain paysan, Boris Stefanoff, inculpé lors d’un grand procès politique mais les autorités de Bucarest lui avaient interdit la barre en l’expulsant de Roumanie.
    À la fin de l’année 1930, le Parti socialiste-communiste fusionna avec une nouvelle scission du Parti communiste, le Parti ouvrier paysan, pour former un nouveau parti, le Parti d’unité prolétarienne (PUP) qui, quelques mois après sa création, commença à publier un hebdomadaire, L’Unité. Maurice Juncker fut membre de cette organisation et écrivit dans ce journal.
    Maurice Juncker fut plusieurs fois candidat aux élections dans la 2e circonscription du XIXe arr. (Amérique-Pont de Flandres) mais il ne recueillit que peu de voix : lors des élections législatives du 22 avril 1928, 158 voix (sur 11 412 votants) se portèrent sur son nom alors que C. Beaugrand, pour le Parti communiste, fut élu au second tour avec 3 216 voix et que Demarle de la SFIO en eut 857. Maurice Juncker fut encore candidat aux élections municipales de mai 1929 dans le quartier Amérique (191 voix sur 9 362 inscrits) ainsi qu’aux élections législatives de mai 1932 (78 voix sur 12 465 votants).
    À partir de 1935, le Parti d’unité prolétarienne participa aux discussions relatives à la réunification du mouvement ouvrier français et à la possibilité d’un parti unique. Il se rapprocha ainsi de la SFIO et put envisager une « fusion » qui ressemblait plus à une absorption et qui, en définitive, eut lieu à la fin de l’année 1936. Cependant, une minorité, sous la conduite de Maurice Juncker, qui était toujours alors membre du Conseil juridique de l’Union des syndicats de la région parisienne, refusa cette politique et maintint l’indépendance du Parti d’unité prolétarienne en publiant un nouveau bulletin : L’Unité révolutionnaire dont Maurice Juncker fut le directeur. Dans le numéro 11/12 de ce bulletin (janvier 193 8) , Maurice Juncker signa une déclaration avec Treint, Badis, Perussy* dans laquelle il s’opposait à la « collaboration de classe » pratiquée par la SFIO ; il affirmait sa volonté « de continuer le parti (le Parti d’unité prolétarienne) en lui donnant une politique nettement révolutionnaire ». Il fallait rassembler les forces de l’unité socialiste et « préparer une Fédération des forces révolutionnaires à tendances anticapitalistes, et, en conséquence […] créer un centre de redressement révolutionnaire ». Aussi la déclaration s’achevait-elle par une demande d’adhésion au Bureau international d’unité socialiste révolutionnaire (BIUSR) plus connu sous son surnom de « Bureau de Londres ». Maurice Juncker assista probablement à la conférence internationale que tint cette organisation à Paris du 19 au 25 février 1938 ; en tout cas le compte rendu des débats atteste la présence du Parti d’unité prolétarienne. C’est vraisemblablement à cette date que Maurice Juncker adhéra individuellement au Bureau de Londres.
    Maurice Juncker était également en contact avec des militants de la Gauche révolutionnaire. En 1936-1937, il avait écrit dans le journal La Vague aux côtés de Marceau Pivert* et aussi de Paul Louis qui avait appartenu de 1923 à 1936 aux mêmes organisations que Maurice Juncker.
    Bien que n’appartenant pas au Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP) de Marceau Pivert*, Maurice Juncker participa aux négociations que mena ce parti avec le Parti ouvrier internationaliste, section française de la IVe Internationale et aux termes desquelles fut signé un accord de front unique en octobre 1938.
    Maurice Juncker fut l’avocat de Maurice Jacquier, secrétaire administratif du Parti socialiste ouvrier paysan, qui passa en jugement le Ier mars 1940 devant le IIe Tribunal militaire de la Seine.
    Il eut plusieurs enfants, dont Hélène Juncker, fille aînée, agrégée de droit en 1922 et Émilie Junckern épouse de Jean Mortiers des Noyers (descendant direct du général d’Empire, correcteur à l’Imprimerie nationale et adhérent du syndicat du Livre CGT.
    Son frère, Lucien Juncker, avoué auprès de la cour d’Appel de Riom et de celle de Versailles, militant de la SFIO, mourut dans les combats de la Libération de Paris.
    ŒUVRE : Guide pratique des conseils de prud’homme, Paris, Librairie de l’Humanité, 1922, 48 p. — Les accidents du travail. Manuel à l’usage de la victime ou de ses ayants droits. 18e édition revue, corrigée et augmentée par Henri Fradin et Maurice Juncker, Paris, Union des syndicats ouvriers, 1926, 128 p. — Collaboration aux journaux cités dans la biographie.
    SOURCES : Arch. Ass. Nat., résultats électoraux. — M. Dreyfus, Bureau de Londres ou IVe Internationale ? Socialistes de gauche et trotskistes en Europe de 1933 à 1940, thèse 3e cycle, 1978. — L’Égalité journal de l’Union socialiste-communiste, 1923-1924, passim. — La Fédération balkanique, n° 104, 15 novembre 1928. — Maurice Jacquier, Simple militant, Paris, Denoël, 1974. — Lutte ouvrière, 14 octobre 1938. — Pierre Naville, L’Entre-deux guerres, Paris, EDI, 1975. — Le Temps, 7 mai 1929. — L’Unité, organe du Parti d’unité prolétarienne, 1932-1934, passim. — L’Unité ouvrière, bulletin du Parti socialiste-communiste, 1925-1930, passim.. — Renseignements communiqués par Claude Virlogeux, petit-neveu de Maurice Juncker..
    Michel Dreyfus
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    Si je connaissais cette existence, j’ignorais tout de son contenu, d’ailleurs la seule et unique photographie de mon grand oncle, je l’ai obtenue grâce à ma compétence en matière d’usage des technologies de l’information et de la communication : http://www.macedonium.org/Macedonium.aspx?jazik=2&kid=7&pid=26&ppid=235&tid=2121

    J’ajoute et c’est important pour la suite, mes grands parents paternels font sens dans l ville ou j’habite : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Virlogeux et https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Rodier

    Donc, installé dans cette maison pour ma retraite, j’entre dans une longue dérive de dépression qui se soldera au bout d’un an par une tentative de suicide (au nombre des effets de la dérive, je m’attendais à rencontrer des amis de mes parents et grands-parents qui….. sont morts depuis longtemps.

    Rattrapé in extremis par ma sœur qui travaille en milieu hospitalier, celle-ci me conduit en urgence à Sainte-Marie (HP de Clermont Ferran) où je séjourne un mois bourré d’anxyolithiques et d’antidépresseurs. Je sors au bout d’un mois.

    La première demande à ma sœur qui me ramène à la maison est de manger des spicywings chez KFC. Elles n’ont plus le même goût.
    Nous passons au Supermarché faire quelques courses, ma réflexion immédiate est “ils ont changé les emballages”. Cela fait rigoler ma sœur qui me répond que non.
    La suite va être ce que je considère être “une reconnexion des neurones”. Tous les jours, mes sens deviennent de plus en plus sensible et des choses qui me semblaient neutres ou inintéressantes deviennent importantes avec parfois des effets négatifs, moi qui supportait bien le bruit en général, je deviens ultra-sensible. Par exemple, le lever du rideau de fer de mon bar-tabac-journaux favoris, le matin. Par contre, moi qui n’avait aucun sens du rythme, je deviens ultra sensible au point de me dandiner sur mon siège de voiture lorsque qu’une liaison (en hôpital de jour pour paranoïa – elle discute avec un fantôme – met des musiques actuelle que je ne suis pas censé aimer (mes goûts allant à la chanson révolutionnaire, au rock américain des années 60-70, aux folk et protests songs de tous pays, à la chanson française à texte et à la musique classique qui fait du bruit).
    Je n’en rajouterai pas sur les modifications de mes goûts (cuisine) ou de mon ôdorat (j’ai la chance de vivre dans un jardin qui n’a pas changé depuis presque deux siècles et qui est bourré de plantes anciennes). Si nécessaire, si mon nom est publié, vous pouvez sans problème avoir accès à ma fiche Facebook, LinkedIn et Couchsurfing.

    A propos de Courchsurfing, c’est à ce moment là que les choses se nouent. Je participe à des soirées mousses tout les mois à Clermont. A l’occasion d’une de ses soirées, j’ai une altercation brève, mais assez violent avec un jeune homme qui me reproche de lui avoir coupé la parole. Je n’étalerai pas mes diplomes, mais disons qu’au nombre, j’en ai un supérieur dans le domaine de la psychologie clinique et de la psychologie sociale (j’ai privilégié ce second dans le cadre de mon activité professionnelle, disposant en plus d’un diplôme de journalisme) et pensant que “les psychanalystes, psychiatres, médecins, avocats (comme mon grand père et mon grand oncle), notaires, travaillent dans des cabinets où ils absorbent toute la “Merde” du monde. Et que comme journaliste, j’allais bien voir la “Merde” du monde, mais au grand air”.
    Cette compétence m’a permis de gérer au mieux le conflit avec le jeune homme.
    Par la suite, j’ai appris que ce jeune homme était en réalité un garçon sous cure hormonale pour un changement de sexe et qu’il était officiellement diagnostiqué comme porteur du Syndrome d’Asperger.

    Quelques semaines plus tard (j’avais laissé ma carte de visite), cette personne me téléphone à deux heures du matin…. la conversation va durer jusqu’à 6h30 en état de panique : on lui aurait fait boire de l’alcool et il se serait trouvé au milieu de vapeurs d’herbe (THC). Ayant appris à gérer ces situations auprès de Daniel Widdlöcher https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Widl%C3%B6cher et n’ayant aucune vocation de thérapeute, je l’ai laissé parler, me contentant, de temps en temps, de lui conseiller de dormir…. ce qu’il a fini par faire.
    Par contre, pendant qu’il me racontait son histoire, j’avais l’impression de me revoir dans un miroir. Pour information, je connais les différents sens du miroir, ayant écrit, au moment où je suis devenu rédacteur en chef d’une lettre d’information sur les usages non marchand du numérique et les évolutions de la société digitale, un article fort apprécié intitulé “Les sites internet des collectivités territoriales au stade du Miroir”.
    La longue discussion, ma formation en psycho, m’ont alors convaincu que je pouvais être porteur du même syndrome.
    Suite à mon séjour en psychiatrie, j’ai un rendez-vous mensuel avec mon psychiatre. Au rendez vous qui a suivi le coup de téléphone, celui ci a souri quand j’ai évoqué ce diagnostique. Je n’ai pas été satisfait de cette réponse qui, à mon avis, bottait en touche.
    A la séance d’après, j’ai posé le deal sur la table. Soit je ne suis pas porteur du syndrome, auquel cas, n’étant pas en analyse avec lui mais en simples entretiens, je n’avais plus de raison de venir le voir, l’écoute flottante m’énervant particulièrement. Soit, j’étais porteur du syndrome, auquel cas, j’estimais qu’il était possible de discuter de pair à pair. J’en enchaîné sur une question portant sur les dérives possibles de l’autisme : la schizophrénie, la paranoïa et autres troubles. A ce moment là, la discussion s’est installé entre lui et moi. Jusque là, le diagnostique n’était que par défaut.
    Récemment, il m’est arrivé deux petits épisodes d’origine neurologiques qui nécessitaient une consultation dans un service neurologique de pointe. Pour cela, une ordonnance et un courrier au service de neuro était nécessaire. Les documents m’ont été donné dans une enveloppe ouverte. En substance (et à peu de chose près, ayant laissé les documents dans le service de neurologie, je résume (je suis également hyper mnésique, donc, j’ai confiance dans mes résumés) : “Vous voudrez bien recevoir Monsieur Claude Virlogeux, diagnostiqué comme porteur du Syndrome d’Asperger….”

    La charte du patient prévoit, normalement que celui ci est informé de ses “maux” quel qu’ils soient…. L’information me parvient ici par la bande, néanmoins, je suis obligé de constater que les médecins, dans leurs échanges entre eux, prononcent un diagnostique dont l’expression semble “Tabou”.

    On m’a reproché de faire trop de publicité (en particulier sur les réseaux sociaux, sur mon état psychiatrique). En tant que militant politique, récusant le fait que je sois un handicapé, mais capable de parler au nom d’autistes plus atteints que moi (le spectre est large), je souhaite revendiquer cet état et suis disponible pour m’associer à toute personne ayant les mêmes projets que les miens.

    Je dois ajouter une chose, j’ai de bonnes raisons de penser que mon grand-père et mon grand oncle ont participé, tout de suite après la guerre, à la rédaction de l’ordonnance de 1945 sur le justice des mineurs dont la principale vocation était de protéger les jeunes autistes des dérives liées à leur condition : violence, érotomanie, alcoolisme….

    Enfin, et toujours en raison de mes formations diverses, et dans le cadre de l’anamnèse et de la découverte de secrets de famille, j’ai de bonnes raisons de penser que mes grands-pères et grands-mères, mes oncles, tantes, cousines, frères, sœurs, neveux et nièces sont, à des degrés divers, mais pointant en général vers le haut du spectre, porteurs du même syndrome. J’ai à cet effet rédigé un tableau des signes cliniques. Ce tableau me sert également à la réalisation d’une carte heuristique qui sera le sommaire d’une biographie de mes familles (sur la politique d’avant-guerre, la résistance et la déportation) et de la mienne puisqu’on a bien voulu, en janvier 2017, aux Rencontres Villardigital17 me qualifier comme pionnier de l’Internet public en France.

    Toutes les informations fournies dans ce long commentaires sont disponibles sous des formes diverses (textes, photos, vidéos….) sur Internet.

  2. Cédric dit :
    Bonjour, j’aimerais juste apporter un commentaire sur les différents titres de “psy”. Je trouve votre commentaire simpliste, réducteur et erroné : je comprends bien que le “diagnostic” dans votre cas est un véritable parcours du combattant et qu’il nécessite des avis de professionnels compétents. Néanmoins, vous opposez encore une fois le psychologue au psychopratricien. Je suis un adulte à haut potentiel qui n’a pas souhaité faire un master pour être psychologue – car formé sur le tard – et je me suis tourné vers une formation de psychopratricien, dans une école très sérieuse. J’ai rencontré et consulté durant mon parcours des psychologues, neuropsychologues et psychopratriciens. Mon expérience me permet de dire qu’il y a des psychologues d’une incompétence rare, intéressés uniquement par l’argent, à l’éthique plus que douteuse, aussi bien que chez certains psychopratriciens ! Le titre ou les études ne font pas toujours foi, loin de là, et je pense que vous le savez également. Dans les métiers d’aide à la personne, l’humain, la personnalité, l’éthique, l’empathie, ont une place prépondérante et certains ont ces qualités, d’autres non, et ceci dans toutes les professions. Vous balayez d’un geste de la main le travail de terrain d’un grand nombre de personnes qui font un boulot formidable, et franchement ça ne me plait pas du tout. Je souhaite autant que vous que le système puisse changer et qu’il n’y ait plus d’abus, que la profession puisse s’assainir. Je répète que je comprends bien que dans votre cas, le diagnostic est pointu, et qu’un psychologue n’est pas suffisant, aussi bon soit il. Je comprends également qu’il faille informer les personnes en difficulté des nuances sur les différents titres, mais votre passage expliquant que votre mamie ou votre marchand de journaux peut devenir psychopraticien est abusif. Il serait judicieux à mon sens de rectifier et d’expliquer qu’il existe des formations très sérieuses, et des personnes compétentes également derrière ce métier, ce que j’estime être ; autant qu’il y a des psychologues formidables et compétents également. Même si l’expérience de mon parcours m’en a fait rencontrer certain(e)s qui devraient changer de métier et aller vendre des journaux !
    Voilà pour mon billet d’humeur. :fb;):
    Je suis votre blog depuis longtemps et je l’apprécie beaucoup, comme un grand nombre de personnes, pour sa justesse de ton, ses précisions détaillées et ses informations pertinentes, qui m’ont beaucoup servies et me servent encore. Merci pour cela.
    • Marie Terrier dit :
      bonsoir Cédric,
      assez d’accord avec vous sur le fait qu’il y a des bons et des moins bons, et ce dans toutes les professions quel que soit le diplôme…néanmoins il me semble, en tant que patient, que le titre de psychologue garantit quand même un niveau d’études et un diplôme, ce que ne garantit pas le titre de psychopraticien…ainsi il est tout à fait possible que derrière ce titre se cachent des personnes de grande valeur sur le plan professionnel, ayant fait une formation qui tienne la route, mais pas que…, compte-tenu du fait que ce titre et les formations qui s’y rapportent ne sont pas règlementées,c’est un peu la loterie quand même pour le patient non?
    • Je crois que vous n’avez pas bien compris le sens de ce billet. La question n’est pas de savoir s’il y a des psychopraticiens investis & sérieux, mais QUI peut poser un diagnostic.

      Un diagnostic se pose strictement par un docteur en médecine, avec le concours de tests réalisés & interprétés par un psychologue. Un psychopraticien n’a pas à procéder à la passation d’un test psychométrique, ou à celles d’échelles autistiques.
      Il n’entre absolument pas dans l’équipe quand il est question de diagnostiquer un TSA, ou un TDA/H. C’est ainsi & c’est ce que j’ai tenu à souligner.

      “votre passage expliquant que votre mamie ou votre marchand de journaux peut devenir psychopraticien est abusif”
      Mais non ! C’est la réalité. Quiconque voulant demain se dire psychopraticien le peut o.O

      “il serait judicieux à mon sens de rectifier et d’expliquer qu’il existe des formations très sérieuses, et des personnes compétentes également derrière ce métier”
      Cela existe. Mais RIEN n’oblige quiconque à les suivre !

      “, ce que j’estime être ; ”
      Le problème venant manifestement de là ;) Vous le prenez comme une injure à VOTRE situation.

      Je ne doute pas que vous fassiez bien votre métier, mais vous ne pourriez pas plus, en qualité de psychopraticien, prendre part à un diagnostic de TSA. Ce n’est pas votre rôle (ce qui n’enlève rien à vos qualités, sans doute).

      Exemple : si on a un animal malade, & que l’on veut le soigner, on va consulter un vétérinaire… pas un auxiliaire de santé animale. Ce qui n’interdit pas celui-ci de bien faire son boulot, mais il n’est pas le même que le vétérinaire. La formation est différente, les prérogatives le sont tout autant.

      Ce petit parallèle pour dire qu’un psychopraticien n’a pas à chercher à faire le travail d’un psychologue. De même qu’un psychologue n’a pas à faire celui d’un psychiatre. Chacun sa place :up:

      Alexandra

      • Cédric dit :
        Bonjour Alexandra, excusez moi mais j’avais parfaitement compris le sens de ce billet, ce que j’ai bien précisé. Je sais très bien que les prérogatives ne sont pas les mêmes, et qu’un psychopraticien ne peut pas faire parfois le travail d’un psychologue, particulièrement dans votre cas. Je ne prends pas non plus cela comme une injure à mon égard non plus. Néanmoins une fois le diagnostic posé, il y a souvent un certains nombres de troubles associés qui nécessitent parfois des thérapies plus ou moins longues, et c’est là qu’il y a des difficultés : on fait quoi après un bilan? Un test de QI ? Quelles solutions concrètes à apporter dans la vie quotidienne selon son histoire, sa situation familiale?D’autant plus avec des personnes ou des enfants à haut potentiel, hypersensibles, pour qui le lien affectif est très important. Et là le diplôme ne suffit plus. La base relationnelle des enfants à haut potentiel va fonctionner avec le cerveau droit et l’intuition, et parfois manipuler et mener en bateau certains psychologues non avertis, qui auront posé un bon diagnostic (c’est du vécu). Nous sommes au coeur de l’humain à mon sens.
        Ce que je voulais juste rectifier, c’est que même si c’est effectivement plus la loterie pour un patient avec un psychopraticien, et que le diplôme est rassurant, il y en a aussi de très compétents qui font un travail efficace et professionnel, simplement. Au patient de trouver celui qui lui correspond le mieux.
  3. Marie Terrier dit :
    bonsoir,
    juste une petite précision (de la part d’une orthophoniste), les bilans et rééducations orthophoniques en libéral sont remboursés, à 60 % par la sécurité sociale, et 40% par la mutuelle; autrement dit, pout toutes les personnes qui ont une mutuelle, sont en ALD ou ont la CMU, c’est remboursé intégralement :-) au même titre que la kinésithérapie, l’orthoptie ou les soins infirmiers en libéral par exemple car nous avons tous le statut d’auxiliaire médical. Tous ces soins sont soumis à prescription, c’est-à-dire que le patient doit disposer d’une ordonnance rédigée par un médecin pour y avoir accès.
    J’ajouterais concernant le diagnostic, qu’il doit effectivement être posé par un médecin et doit surtout, d’autant plus que le tableau est atypique, être posé par une équipe (hospitalière ou en libéral); une personne seule qui pose ce genre de diagnostic ça m’interroge.
    Merci pour toutes ces précieuses infos!
  4. Electre dit :
    Bonjour,
    Merci beaucoup pour ce billet qui se veut très lucide, tout en étant à mes yeux porteur d’espoir.
    J’ai hésité à me manifester, souhaitant rester parfaitement anonyme, mais je sens qu’il me faut encore persévérer, à la fois dans cette quête de la compréhension de mon être et de mon propre fonctionnement.
    Je suis une étudiante en psychologie en reprise d’études auto-diagnostiquée Asperger, tout en ayant parfaitement conscience des limites de ce diagnostic.
    En société, j’agis tel un caméléon en fonction du contexte, des gens autour de moi, il n’y a rien de plus difficile pour ma part que de devoir faire les bises, dire “bonjour”, je le fais parce que cela se fait, mais je me sens vraiment mal à l’aise, y compris avec des personnes que je connais bien (ce qui évidemment surprend ces dernières).
    Depuis l’enfance, avant de quitter ma maison, d’aller à l’école, je trottine de long en large dans une pièce isolée, parfois en secouant mes bras ou en agitant la tête. J’ai toujours essayé de faire cela à l’écart. Cette course me détend, permet d’évacuer le stress quand je dois sortir, voir du monde, encore aujourd’hui.
    J’ai appris à lire bien avant l’entrée au CP et j’ai écrit un premier “roman” vers l’âge de 8 ou 9 ans.
    Je fais également de la peinture, une passion que j’ai découvert naturellement sur le tard et cette activité m’est d’un grand secours.
    Ma question est la suivante, le psychiatre qui me suit semble me considérer comme souffrant de troubles névrotiques et de fluctuations de l’humeur, cependant à aucun moment, il n’a évoqué l’autisme. Je me vois difficilement lui demander : “n’avez-vous pas songé aux TSA me concernant” ?
    Récemment, je lui ai parlé de ma grande sensibilité aux bruits environnants, aux lumières trop vives, à mon odorat fort développé qui rendent ma vie au quotidien parfois bien compliquée.
    Désolée de la longueur de ce message, mais pensez-vous qu’il me faudrait poser clairement et franchement la question à mon psy ? Je peine à avancer et à me contenter d’un auto-diagnostic qui n’a de valeur qu’à mes yeux.
  5. Ipoesh dit :
    D’abord, un grand merci pour ce blog.
    Voilà de nombreux mois que j’ai moi aussi déposé une demande d’évaluation diagnostique auprès du CRA de ma région, et voilà qu’enfin j’obtiens un rendez-vous pour octobre. Mais quelle déception d’avance! Je m’explique : une confirmation de rendez-vous écrite ne prévoyait qu’un rendez-vous d’1h30, alors que dans un second document expliquant en détail comment allait se passer cette évaluation, des tests étaient prévus après la pause repas. Je téléphone donc pour comprendre s’il faut que je prévois la matinée ou la journée. En réponse, on me demande pour quelle raison, déjà, j’ai déposé cette demande. Puis mon dossier est ressorti par la personne au bout du téléphone qui termine par : “De toutes façons, vous avez déjà été suivie par un psychiatre et des psychologues [pour dépressions puis suite à un bilan psy qui m’a révélée HP] et aucun d’entre eux n’a supposé un TSA jusqu’à présent. Ne prévoyez donc que la matinée et si vraiment on a besoin de vous faire passer des tests, on vous convoquera à une date ultérieure”. Voilà, il semble que la conclusion soit déjà tirée, avant même l’évaluation… Alors que faire? me tourner vers un psychiatre en libéral pour avoir une vraie réponse à mes vraies questions? Dans le département où je vis désormais, une majorité des professionnels de santé “psy” ne semblent connaître que la psychanalyse et parfois même mépriser tout ce qui relève du cognitif et comportementaliste. Ce simple constat sur leur fonctionnement me permet de douter de leur capacité à me prendre au sérieux… (J’ai la même envie de hurler que lorsque dans mon précédent lieu de vie je constatais que certains infirmiers psy en hôpital de jour pour enfant avec TSA ne se basaient que sur les écrits et préconisations de Bettelheim). A suivre
  6. LucilleD dit :
    Bonjour Ipoesh,
    Vous ne dites pas si vous avez déjà eu un 1er rdv de prise de contact au CRA.
    Je ne sais pas si tous travaillent de la même façon, mais pour ma part, alors que j’avais pour tout dossier mes seuls soupçons expliqués par mail puis au téléphone, j’ai d’abord été convoquée pour une première prise de contact : 1h avec un psychiatre puis 1h30-2h avec un neuropsychologue. Ensuite, silence radio pendant plus de 18 mois avant d’être re-convoquée pour les fameux tests, et 3 mois plus tard la restitution.
    Ce n’est que parce que les premiers entretiens ont confirmé à l’équipe que mes soupçons étaient fondés que j’ai été mise sur liste d’attente pour les tests.
    Donc si vous n’êtes jamais allée au CRA, votre rdv d’octobre pourrait correspondre à cette première prise de contact pour que l’équipe décide ensuite si oui ou non, ils vous feront passer les tests.
    J’ai trouvé tous les professionnels du CRA dont je dépends très bienveillants et très pros. Ayez confiance et soyez patiente ! Bon courage.

    PS : j’ai eu 51 ans cette année, je suis bien aspie et j’ai enfin l’impression de savoir qui je suis !

    • Ipoesh dit :
      Bonjour Lucille,
      Merci d’avoir partagé votre expérience. Non, en effet, je n’ai encore rencontré personne au CRA, seulement complété un dossier il y a une dizaine de mois. Je vais donc restée patiente.
  7. Zuflane dit :
    Bonjour,
    C’est mon premier commentaire sur ce blog que j’apprécie énormément.
    J’ai eu mon 1er rdv vendredi dernier au CRA de ma région. J’avais envoyé mon dossier (avec rien dedans à part quelques lignes de ma main) en août. On m’a contactée par mail pour me dire qu’il y avait de l’attente que je serais contactée pour un rdv en septembre. Et en septembre (le 30 mais ça compte !) on m’a appelée pour me proposer le 13 octobre.
    J’ai trouvé ça rapide et j’ai été soulagée de la bienveillance et de l’écoute de la secrétaire (je lui avais envoyé quelques mails entre temps).
    Mon rdv avec deux psychologues a duré presque 2 heures, ils ont été d’une écoute et d’une bienveillance rare pour moi. A la fin de l’entretien le psychologue le plus âgé m’a confirmé que je suis bien autiste asperger. Il m’a expliqué que le diagnostic médical viendrait plus tard, qu’il fallait attendre plusieurs mois voire un an et demi, mais que je pouvais déjà en parler à mon entourage. Il m’a donné des conseils divers.
    Je me sens libérée et pourtant je n’ai pas encore vu le psychiatre qui validera ce diagnostic.
    Ce commentaire pour dire que dans mon cas, je suis tombée sur des professionnels formés et à l’écoute. Ils ont été en mesure de me rassurer, et ce sans cette attente si longue.

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