[VIDÉO] L’autisme disparaît-il en vieillissant ?

L'autisme qui disparaît en vieillissant, Radio CanadaAu gré de mes recherches sur Internet à propos du syndrome d’Asperger, je suis tombée sur cet article, très récent puisque daté du 18 octobre dernier  :fbho:

Il présente une courte, mais néanmoins très intéressante, émission diffusée sur Radio Canada. Présentée par Anne-Marie Dussault, elle réunissait Hugo Horiot, jeune homme trentenaire atteint du syndrome d’Asperger (auteur de l’excellent livre « L’empereur, c’est moi ») & le Pr Laurent Mottron, psychiatre français & spécialiste de l’autisme expatrié depuis des années au Canada où il enseigne également à l’Université de Montréal (auteur de « L’autisme, une autre intelligence : diagnostic, cognition et support des personnes autistes sans déficience intellectuelle »).

       
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Le thème était : « L’autisme disparaît-il en vieillissant ? » Bonne question… n’est-ce pas  :fb;):

Avec Hugo Horiot, le portrait-robot de l’aspie, qui faisait office de référence lorsqu’il était question d’autisme d’Asperger, en a pris un coup ! On connaissait des aspergers extrêmement identifiables (de par leur rythme de parole particulier, leur comportement qui suscite en un coup d’œil des questionnements, leurs obsessions), on a eu pour la 1ère fois devant nous l’image d’un homme qui semble en tous points normal.


Si les médias avaient jusqu’ici l’habitude de présenter des aspies « spectaculaires », dans le sens de très singuliers, ces stéréotypes ont été mis à mal par Horiot. Car il est finalement bien plus spectaculaire encore, de par une apparente « normalité » qui surprend, qui interroge & qui dénote avec tous les aspies médiatisés jusqu’alors.

Il sourit, répond sans problème aux questions, regarde l’interviewer sans avoir l’air d’en souffrir… mais il est aspie  :P

Il le dit lui-même, avec une lucidité qui me touche beaucoup : « Je suis devenu insoupçonnable »  :)

La présentatrice, à propos d’Hugo Horiot dit au Dr Mottron :

– Fascinante cette histoire ! C’est un rescapé de l’autisme.

Ce à quoi il répond :

– Oui, mais elle est loin d’être exceptionnelle.

– Loin d’être exceptionnelle ?

– Oui !

– Pourquoi ?

– Et bien parce qu’au moins la moitié des autistes, qui satisfont aux critères de l’autisme, sont insoupçonnables, selon une étude coréenne bien rigoureuse faite  il y a 2 ans. Et q’on pense maintenant qu’il n’y a plus qu’une personne sur 10, dans les autistes diagnostiqués à 3 ou 4 ans qui ne parlera pas à l’âge adulte ; & qu’il y a une personne sur 10 qui sera indistinguable. […] On peut changer d’apparence, mais guérir ça c’est une autre affaire. Probablement que M. Horiot pense toujours d’une façon très distincte de la mienne ou de la vôtre.

Cela rejoint ce que le psychiatre m’expliquait le jour de mon rendez-vous de restitution : rien ne peut transparaître chez moi, aujourd’hui, lorsqu’on me voit.

Il me confiait également que s’il n’avait jamais vu 2 aspies adultes identiques, bien souvent, quelques petits indices ou résidus de difficultés liées au SA pouvaient malgré tout laisser deviner que l’intéressé validerait bien les tests en tant qu’aspie (comme un langage pédant, une altération très marquée du contact visuel, etc.). Je suis moi aussi devenue insoupçonnable avec les années  :fb^^:

Mais l’autisme ne me quittera jamais, il fait partie de moi. Comme le souligne le Pr Mottron, seule la forme s’est modifiée, le fond est toujours le même !

Si j’ai réussi à m’adapter, à compenser ou à contourner par l’évitement certaines difficultés, il n’en allait pas de même à 5 ans ou à 10 ans par exemple. Mon évolution s’est faite en continu, au prix d’énormes efforts, d’incompréhensions, de confrontations à des situations qui m’étaient difficiles. La répétition, l’acquisition au fil du temps de codes qui ne posent aucun problème aux neurotypiques sont, je crois, les conditions sine qua non de cette transformation en « aspie insoupçonnable »  :!:

Je me fais parfois l’impression d’être comme un canard ou un cygne. Avez-vous remarqué comme ils semblent glisser sur l’eau ? En apparence, tout est calme, rien ne transparaît. On ne se doute pas que sous la surface, ça mouline à fond. Quand on peut voir leurs pattes, on se rend alors compte qu’avancer leur demande en fait des efforts permanents & que, contrairement aux apparences, rien n’est simple   :?:


Par l'auteure des Tribulations d'un Petit Zèbre


À propos de Alexandra Reynaud

Autiste Asperger avec très haut QI, diagnostiquée à 32 ans ◦˚ஐ˚◦ Blogueuse • Maman • Conférencière • Auteure aux éditions Eyrolles
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24 réponses à [VIDÉO] L’autisme disparaît-il en vieillissant ?

  1. SanyMei dit :
    “contrairement aux apparences rien n’est simple”
    oh que oui!…
    merci pour ce rappel. :fb;):

    moi aussi je fais partie des aspis “invisible”..bon j’ai qulquestraits qui ressortent au bout d’un moment de discussion(je vais commencer à balancer doucement…avoir plus de mal a maintenir le regard…tout ça. mais qui saura dire pour autant que je suis autiste…
    ça passe plutot pour une forme d’impolitesse (elle est fuyante..elle s’en fiche de ce que je raconte..etc)
    En fait ce que j’essaie de faire comprendre à mon “entourage externe” et qui n’est pas facile a entendre visiblement c’est que ce n’est pas parc que je semble “normale” que je le suis, et que je ne suis pas épuisée a l’interieur. C’est dur à comprendre visiblement pour bcp…(sans passer pour du “chochotisme”..)

    • Aspergirl dit :
      Idem !!! :fbhum:

      Le nombre de fois où j’ai tenté d’expliquer ça : c’est épuisant de l’intérieur ! Une journée passée parmi des gens, ou ds un environnement difficile pour moi me vaudra des heures de fatigue profonde. Le contrecoup est toujours énorme pour moi :fbsad:

    • melanie jolicoeur dit :
      J’aime beaucoup ton commentaire Aspergirl!

      En fait ce que j’essaie de faire comprendre à mon “entourage externe” et qui n’est pas facile a entendre visiblement c’est que ce n’est pas parc que je semble “normale” que je le suis, et que je ne suis pas épuisée a l’interieur.

      Cest pareil pour moi! Ce n’est pas pcq cest invisible aux yeux du monde que nous ne souffrons pas. Au contraire, eux voient juste la pointe de l’Iceberg.

      Je compatie avec toi!

  2. Aspietoyen dit :
    je crois aussi que l’autisme devient invisible tout simplement parce que un jour la personne porteuse et bien comprends comment marche la société et plutôt que de se trouver en opposition permanente,elle va chercher à les intégrer.

    Et je me considère comme citoyens,même autiste je suis un français,n’en déplaise aux cons.

    Mais même mes proches trouvent ca normales de m’accepter et ne comprenennt pas pourquoi dans d’autres familles c’est le dénit….

    Et ce n’est pas une question de classe populaire.

  3. OdD dit :
    Je crois qu’en effet l’autisme devient invisible à force d’adaptation, mais que, si ces mécanismes d’adaptation deviennent automatiques avec l’âge, il n’en reste pas moins qu’ils vont contre notre nature profonde et restent épuisants à vivre, entraînant une “usure” de notre résistance psychique.
    J”ai été victime il y a quelques années d’un sévère burn-out et je pense que cette “usure” n’y est pas étrangère.
  4. Magali dit :
    J’aime beaucoup l’image du cygne….
  5. Line -Marie FORTIER dit :
    Etant asperger àgée de 67ans,j’en ai …87 Et plus dans mon corps et dans mon cerveau.Avoir l’air normal,travailler,immigrer en FRANCE et y vivre,je suis épuisée.La France,oui,c’est age de pierre et ils veulent y rester,surtout pour les traitements de l’autisme.C’est un pays ou il est très difficile de vivre avec le plus petit handicap,la moindre particularité. Le CANADA c’est bien mieux. JEUNES,si vous pouvez,fuyez ce pays triste et coincé QUI VA DE + EN +MAL. :cry:
  6. Line -Marie FORTIER "Inuitegentille" dit :
    :love: Bonne fin d’année à tous. Oh que oui on parait moins autiste en vieillissant,mais on est epuisé/e vers 50ans ou guére plus. Salut au QUEBEC,je le regrette ,je vais mourir en FRANCE. Adoptée origine inuite,peut etre j’aurais été plus heureuse dans le vie inuite. Allez dire ces origines là en FRANCE,à propos,au mieux on ne va pas comprendre malgrés etre un peu typée,au pire on va dire”elle est folle” et pas la peine d’en rajouter. Je n’en veux pas à ceux qui se trompent ou se sont trompés ou se tromperont. J’en veux à ceux qui,forts de leurs positions dans hierarchy medical ne veulent pas voir,pas réfléchir,pas etre humble d’apprendre. :love:
  7. Line -Marie FORTIER "Inuitegentille" dit :
    BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2015 en espérant des progrés pour nous.
  8. DrMario dit :
    Salut à tous

    longtemps diagnostiqué comme phobique scolaire, j’ai découvert que j’étais sujet à des crises d’hyperventilation aiguës (ça m’arrive parfois). À l’époque, hormis quelques soucis d’adaptation aux autres, j’avais rien. J’ai tout appris correctement, sans me soucier de l’effort que je faisais. :o Puis j’ai vu des symptômes à la con comme l’asthénie (en 2002), ou encore les contractions involontaires (en 2010), venus plus tard frapper à ma porte.

    Je croyais avoir une maladie profonde et très difficile à détecter, je croyais être au bout de mes surprises, et là j’ai découvert ça . À force de chercher la source de mes maux, j’ai trouvé le fin mot de l’histoire (en 2013), je suis asperger! Ca explique quasiment tout ce que j’ai vécu. En fait, nous sommes des autistes déguisés en neurotypiques, et bien que nous soyons en apparence IDENTIQUES nous avons des différences très nettes et visibles à force de nous cotoyer. Même si des gens OUVERTS peuvent accepter ça sans déconvenu, sans même savoir l’origine de ce problème, car ils savent que c’est un naturel permanent. J’aime ces gens, et je les remercie de leur accueil chaleureux, car c’est eux qui méritent l’attention à leur tour, et avec qui j’espère rester, car les personnes neurotypiques, on peut tout leur reprocher, elles peuvent parfois être très sympathiques.

    Aujourd’hui je suis en informatique, et je suis avec des gens qui ont parfaitement décelé mon caractère atypique (parce que quand ils sont ados ils sont penchés sur l’intégration, donc ils ne voient rien), et qui m’apprécient fortement. Mais je leur dirai pas que je suis AS, ça risque de les surprendre. Pourtant je vois bien dans leur regard qu’ils savent que je suis très différent d’eux, et ça me conforte dans mes pensées. :) Bien entendu, ils sont comme tous les NT un peu sûrs d’eux, et je ne me ferai jamais à leur imperméabilité environnementale. Ils sont comment dire, axés sur leur parole et sur aucun autre détail et ça m’emprisonne un peu; comme une salle vide où j’habite, et tout le monde à côté en train de festoyer sans rien voir d’autre que leur propre ego…

    Mais bon, persévérons, et oui, si la France ne veut pas évoluer vers l’acceptation de règles, c’est l’unique moyen pour elle de périr. :( Je me renseigne sur la possibilité de faire partie d’une conférence sur Asperger et ses symptômes, car je me suis très renseigné depuis et j’aimerais soutenir les autres… :)

  9. loulou dit :
    Bonjour, je suis infirmière en psy dans un centre de jour pour autistes adultes. Il y a très peu de structures de ce style et cela ne va pas s’améliorer. L’hôpital publique et la psy en particulier vont mal. J’ai adoré mon métier, nous prenions en charge beaucoup de personnes régressées, mais les rares personnes autistes asperger nous ont beaucoup aidé à comprendre le fonctionnement de l’autisme.
    Je parle au passé car je suis actuellement en arrêt et je ne sais pas si je reprendrai cette activité. J’ai été victime de mon empathie trop forte et je pense que c’est ce point qui amène des blocages aux personnes autistes. Sous prétexte qu’elles ne peuvent pas exprimer leurs propres émotions, il est dit et appris que ces personnes n’ont pas conscience des sentiments des autres. Dites-moi si je me trompe mais je pense tout le contraire. Pour moi, ce sont des personnes hypersensibles et empathiques, qui sont trop stimulées par ses ressentis et s’en protègent à leur façon, en se recentrant sur eux-mêmes généralement. Pour ces personnes, il est impossible de classer les émotions sous des mots comme “colère, tristesse…”car ces resssentis intérieurs sont beaucoup plus subtils et ne peuvent être restitués en un seul mot. Et puis à quoi ça sert de restituer un ressenti partiel à 1 personne “normale” qui va se limiter à la signification du mot et ainsi tout déformer. Et oui, ces personnes qu’on pense égocentriques ne font que se protéger des stimulis que le monde extérieur leur impose. Je suis peut-être dans l’erreur, mais tout ce que je voulais dire, c’est que vous les “personnes aspergers” pouvez aider le monde extèrieur à mieux vous comprendre et ainsi à mieux prendre en charge l’autisme y compris chez des personnes régressées. Je vous invite à vous révéler et non à vous fondre dans la normalité. Les gens normaux sont trop épargnés, on leur cache tout ( je ne parle pas que de l’autisme ), ils ont de ce fait une vision erronnée du monde ( une vision bisounours ). Vous avez assez souffert, pourquoi ils n’en prendraient pas un peu aussi? Si l’un ne veut pas se montrer et l’autre ne veut pas voir, nous allons jouer à cache-cache indéfiniment.
  10. Julie dit :
    tres interressant cette interview merci !!
  11. Teravada dit :
    A tous, je vous souhaite une Bonne Nouvelle Année Bouddhiste, 2559.
    J’ai vu il y a de celà quelques jours, un témoignage d’une trentenaire à la télévision et je me suis tout de suite reconnu dans toutes ses descriptions des symptômes SA.J’ai 58 ans et je suis natif d’un pays du sud-est asiatique, arrivé très jeune en France.Depuis longtemps déjà, j’avais des soupçons sur mon état, notamment par les difficultés de mes relations sociales que j’ai toujours vécu difficilement.’adhère fortement à beaucoup de ce qui est écrit par l’auteur du blog.J’ai toujours su que j’étais différent des autres, une sorte de mal-être permanent, avec la peur d’une maladie mentale putatif pointé vers moi par la société, j’ai donc appliqué tout au long de ma vie la stratégie de l’évitement.Maintenant l’age venant, je suis presque “insoupçonnable”, presque car je suis souvent épuisé à l’intérieur, avec comme corolaire des “sortis” intempestives que je regrette aussitôt.Je regrette aussi beaucoup de ne pas avoir fait le pas de m’expatrier au Canada comme j’en avais eu l’intention il y a 27 ans.C’était à cause du froid hivernal glacial, mais maintenant avec le réchauffement climatique planétaire… :? :? 8)
  12. Rose dit :
    Interview très intéressante. La qualité des propos tenus est remarquable. Un témoignage honnête et émouvant de la souffrance et du parcours complexe d’une personne asperger. Merci aux intervenants pour le respect qu’ils se portent et nous portent par la même occasion.
  13. Aspérisque dit :
    J’ai lu récemment “Le petit prince cannibale” de la mère d’Hugo. J’ai instantanément reconnu l’ex petit tyran lors de son témoignage sur son changement de nom. C’est touchant de voir les efforts de Françoise Lefèvre récompensés à ce point !
  14. Charly dit :
    Bonjour à tous ,

    J’ai 22 ans , j’aimerais vous dire ” je ne vais pas vous raconter ma vie” ou plutôt “jeunesse ”
    mais après toutes ces années passées sans savoir de quoi il s’agissait, je ne peux m’empêcher d’exprimer tout ça , comme vous j’ai seulement besoin que ça sorte, ça va mieux après , mais comme vous , je ne compte pas m’arrêter là et ce combat si on s’y met, on peut tous le mener ensemble , desormais je vous considère vous les aspis comme , si je puis dire : mes “semblables” oui on est dans le même cas et à la différence d’une quelconque religion ou secte qui là seraient complètement HORS SUJET, je me permet d’utiliser ce terme et compte bien nous rassembler pour créer notre propre communauté, biensûr comme le disait DrMario , dans la page de ce forum:

    ” Même si des gens OUVERTS peuvent accepter ça sans déconvenu, sans même savoir l’origine de ce problème, car ils savent que c’est un naturel permanent. J’aime ces gens, et je les remercie de leur accueil chaleureux, car c’est eux qui méritent l’attention à leur tour, et avec qui j’espère rester…” Autrement dit ces gens là dont il parle méritent eux aussi qu’on leur créer une communauté et son aussi nos amis étant donné qu’ils sont à même de nous accepter même si cela s’avère impossible de nous comprendre, je pense qu’ils méritent eux aussi notre considération et qu’une place leur soit dédiée , comment dirais-je : en tant que “co-semblables”.

    Bref
    Je ne sais pas comment dire, juste que je n’ai pas de mots pour décrire ce que je ressens, “après” avoir lu les 10 points abordés ainsi que l’ensemble de l’article qui relatait de ce symptôme , je me suis tout simplement découvert moi aussi ,ce que je cherchais depuis toutes ces années , la “réponse” à toutes mes souffrances , ça vous l’a sûrement déjà fait à vous aussi de vous sentir seul dans ce cas là , et puis les années passent et votre entourage, vous le délaissez , (moi je suis tout le temps tout seul depuis des années durants) Le seul ami que j’avais, j’ai grandi avec lui à la campagne où mes parents ont fini par se séparer. A cette époque j’habitais dans une vielle maison d’après guerre, il y avait un verger et avec mon meilleur ami, ont jouait comme des fous tellement il y avait de surface. Puis les classes à l’écoles…les niveaux grimpent on a à ce moment, dû couper la poire en deux et 15 jours chez papa/mama qui elle vivait en appart, pas de collège dans le petit village : école primaire seulement , j’aurais pû continuer jusqu’au CM2 mais je suis partis dès le CE1 il me semble… Entre temps (avant) le CP je l’ai fait en ville puis campagne puis ville… de nouveau à force ça m’a tué et au final même en restant en ville “définitivement” ( dès le collège ) soit peu de temps après la séparation de mes parents, mon père à revendus la maison et là j’ai ressentis exactement la même chose que ma mère, pas sur le coup mais bien après, j’étais profondément déçu du fond du coeur. Mais il y a tellement de choses qui m’ont fait douté , en plus l’entourage de ma mère , ces quelques déménagements qui ont également perturbés mon orientation scolaire (même si certain déménagent beaucoup plus souvent) , le permis de conduire entre autre à été pour moi l’épreuve de ma vie , j’étais tétanisé ce jour là et j’ai réussis au bout de la deuxième fois avec un autre moniteur qui lui à “reussit” à déceler toute cette peur et ces difficultés en moi, ça peut paraître bête comme ça mais très vite on a remarqué que quand je parlais à voix haute pour dire où j’allais, j’arrivais à apaiser une partie de mon stress. Et ça fonctionnait , en fait je dois avouer que quand il n’y a personne, même dans mes projets, j’ai par la suite , pris l’habitude de parler “tout seul”…. ne vous “inquiétez pas” , je ne suis pas fou et je sent que ça m’aide beaucoup et mes projets personnels : câblages électrique (que je réalise suivant une logique qui m’est propre et non pas celle qui était enseignée dans ma spécialité), écriture, music (piano) , etc… sont pour moi … vous savez ce que c’est de toute façon et l’estime de soi , quand on est seul est bien là une des seule chose qu’il nous reste pour ne pas sombrer dans la dépression… du moins je pense et vous? qu’est ce qui vous aide?

    Lorsque je passais mes leçons de permis , j’avais l’impression que j’avais quelque chose dans la tête et je ressentais énormément de fatigue , j’étais éprouvé tous les soirs et passons, en 2012 n’en pouvant plus je comptais sérieusement aller me faire analyser la tête et consulter un neuro car je croyais que j’avais une tumeur , j’avais un ^peu comme des migraines mais en différents et à chaque fois les mois , les années passent et je me disais que c’était peut-être rien et je reportais comme ça en prétextant que je me compliquais l’esprit mais tout ceci remontait en réalité à bien plus longtemps lorsque j’étais dans ce village dont je vous ai parlé , ma prof avait déjà décelé que j’étais bizarre et surtout complètement à l’écart des autres. Je me souviens encore qu’elle en parlait devant mes parents et j’étais très gêné car même si j’étais petit , je comprenais que j’avais là de très grosses difficultés dont j’ignorais la source .

    Je rejoins Sany Mei qui à poster le premier commentaire de ce forum , je fais moi aussi partie des aspie invisible mais en fait je me retrouve dans à peu près si ce n’est pour dire tous les commentaires précédents de Mrs et ou Mmes les aspi(e)s
    C’est vraiment quelque chose qui nous empoisonne la vie , et en plus d’avoir des effets pervers qui engendrent TIC , TOC etc… on a l’impression que c’est dissimulé en plusieurs causes et à chaque fois il se passe X mois ou autre entre chaque “”m..rde” qu’il vous arrive et même quand tout va mieux vous savez que un jour ou l’autre ça va revenir et peut-être même en pire et à chaque fois on remet ça sur le dos de ceci-cela.. bref vous aussi je présume que vous voyez de quoi je parle

    Lorsque vous rentrez tous les soirs et que vous vous sentez incompris de vos parents ou même si vous leur dites que vous avez mal à la tête , ils vous répondent tout simplement que vous n’avez qu’à aller voir le médecin, et que le médecin vous dit que ce n’est que le stress et puis quelques prescriptions et c’est repartit comme en 40…
    En réalité pour moi c’était faux car à chaque fois je me sentais complètement incompris du monde médical également comme l’a souligné cette infirmière , pseudo : “loulou” ,/ tout cela est très frustrant car on a en réalité un véritable handicap qui est quasi , si ce n’est pour dire “totalement” dissimulé en nous. La seule personne a qui se confier c’est donc nous même , mais biensûr on a pas la réponse ou la mauvaise , alors on remet ça à la prochaine fois et ainsi de suite et puis ça tourne comme ça mais au final on s’aperçoit très vite que ça fait des années que ça dure et que c’est le chien qui se mord la queue…

    Moyenne en quoi on peut être amené à devenir un véritable poids pour la société , on traine un boulet en marchant dans l’eau alors que les autres courent et volent.

    Pour ceux qui envisageraient le suicide, je pense très sincèrement que ce n’est vraiment pas la solution j’y ai moi aussi songé par le passé mais ça s’arrêtait là et en plus d’être incapable de le faire, j’ai fini par me convaincre que c’était la pire blessure que l’on puisse infliger à ceux qui vous aiment “même vos proches si décédés”, croyez en eux et en leurs âme(s), je ne suis pas croyant du tout mais pour être fort d’esprit je pense qu’il s’avère nécessaire si ce n’est pour dire indispensable d’adopter une certaine philosophie de l’esprit, et vous verrez vous n’aurez plus peur…non ce n’est peut -être pas le terme car sur moi non plus ça ne marche pas : vous vous se indifférent à tout ce système mais par la même occasion vous vous renfermerez probablement dans votre bulle ou univers… ainsi pour créer vos propres armes contre cette société sans scrupule pour nous les aspi(e)s encore incompris de toute cette société , seule rare personnes…

    Le corps n’est qu’une enveloppe et l’âme, ce qu’il y a dedans l’anime durant toute cette vie qui si +-longue puisse t’elle paraitre, n’est qu’éphemère

    j’éspère pouvoir aider tous ces gens qui souffrent tout d’abord à ne pas faire ça , car les plus malheureux ce ne sont pas ceux qui partent mais ceux qui restent et s’il ne reste personne et bien sachez que c’est faux , dites vous que vos parents ( si de vrai parents ils ont été… ,et à votre écoute ) , auraient aimés vous comprendre tel que nous aspi(e)s pouvons nous comprendre de part ce que nous vivons et traversons au quotidien dans cette dure et froide réalité, même s’ils ont dit “c’est comme ça”, ne leur en voulez pas , quand on est impuissant il n’ y a que ça de vrai et ça l’est.

    Soyons tous solidaire pour s’en sortir , ce soir en regardant vos messages , j’ai vraiment pu me rendre compte à quel point je n’étais pas le seul dans ce cas et que la vie même si elle ne tiens qu’à un fil , peut changer du tout au tout et aller dans le bon sens , j’entends par là”celui qui nous est propre”

    J’écris un bouquin, certe c’est pour moi une thérapie mais un curratif temporaire sur lequel je décharge mon fardeaux , c’est comme si il y avait des fuites dans une baignoire et qu’on mettait des seaux d’eau pour en récupérer toujours autant car , la baignoire elle , continue de se remplir ( = source du problème ) plutôt que de colmater les fuites où tout simplement changer de baignoire… encore faudrait t’il que l’on puisse changer de corps^^

    Aux bonnes âmes & tous solidaires en tant qu’aspi(e)s,

    très cordialement à vous

  15. Inuitegentille dit :
    Bonjour! et oui,toute ma vie j’ai eu l’impression trainer un boulet sous l’eau alors que “les autres courent et volent” :sick: On parle beaucoup d’autisme en France actuelle,mais comment se faire des illusions d’espoir? Les gens ne s’interssent pas à ça,à moins d’etre concernés. Les françaiss aiment la politique spectacle,la telerealite,les jeux tv et video,la VOITURE(conduire vite etc…) le bon vin les bons repas,la famille et …CE QUI EST NORMAL .C’est comme ça,je le dis sans colére,elle est pasée ma revolte,je suis trop agée :round: Mais reveillez vous,dans 1ans,2ans…MAIS FAITES LE QUAND MEME, pays des droits de l’homme !!!
  16. Inuitegentille dit :
    En fait j’aime la FRANCE, j’y ai beaucoup d’amis. Mai je ressemble à MMe TOUT-LE-MONDE,en tous points.Nooon,bien sur au QUEBEC(j’entends la conversation)c’est pas parfait. Merci à HUGO HORIOT,JOSEPH SHOVANEK,et d’aures qui nous aident par leurs témoignages. Merci à Temple GRANDIN,j’ai son age. :love: :love: :love:
  17. Frederic dit :
    Bonjour,
    Mon premier commentaire sur ce site.
    Je ne sais si je suis Asperger. J’ai decouvert, il y a 4 ans que j’etais adulte surdoué. J’ai 44 ans aujourd’hui.
    Lorsque je lis les caracteristiques correspondantes aux Asperger, une part significative peut me correspondre, comme elle peut egalement se rapporter aux adultes surdoue. Si j’interroge ma mere pour connaitre son avis a mon sujet, elle ne m’imagine pas en tant qu’autiste, meme si par ailleurs elle reconnait une certaine atypicite de famille, en terme de modalite specifique de reflexion.
    Pour la majorite, je suis une personne normale meme si tres souvent on m’a renvoye les termes peu flatteurs ” associable, atypique, brutal, froid, ” .. et j’en passe.
    Suis-je un autiste invisible ? affaire a suivre
  18. Céline FURIO dit :
    Je vous ai tous lus. C’est vraiment agréable de lire ce que l’on vit chez les autres et de recevoir vos propres expériences. Merci !
    Par contre, je serais curieuse de savoir si un ou une de vous a atteint les 60 ans comme moi. Car, je voudrais attirer votre attention, en espérant ne pas vous inquiéter, vraiment, sur le fait que le vieillissement fait considérablement perdre des forces aux Aspergers qui prennent de l’âge parce que toutes les adaptabilités, les intégrations de toute une vie les ont épuisés. Jusqu’à 40-45 ans, on peut arriver à vivre presque inaperçu, on peut même réussir sa vie, à différents niveaux, mais après, les dysfonctionnements, les inaptitudes, les spécificités explosent, à la vue de tous et surtout de nous-mêmes. On lâche prise, non seulement à cause de l’épuisement, mais aussi parce que l’on revendique davantage le droit à la différence, on recherche moins à être aimé, apprécié par les autres et on retourne à la solitude, l’isolement, parce que c’est le seul endroit où l’on aime être. Les bruits, les mouvements, les autres, les attitudes adaptées, les hyper-sensibilités nous ramènent à ne plus vouloir personne à nos côtés et l’on aime de moins en moins les êtres humains qui souvent n’ont rien compris, ont jugé, ont eu pitié, ont une perception si limitée de la réalité, la leur et la nôtre. Le syndrome d’Asperger nous donne une dimension des choses absolument merveilleuse, c’est un cadeau ! Mais, voir plus clair n’est pas une promenade insouciante ! Cela n’a rien de dramatique, mais je crois que les Asperger’s sont les seuls à savoir ce qui leur faut pour leurs années de vieillesse, sont les seuls à pouvoir programmer leur troisième tiers de vie : jamais les meilleurs spécialistes ne parviendront à décoder entièrement nos complexités ni nos évidences. Pour terminer sur une note joyeuse, l’usure du corps des Asperger’s est beaucoup plus lente que chez les neurotypiques : les Aspergers âgés que je connais paraissent tous 10 à 15 ans de moins. Pour info, vous en ferez ce que vous voudrez, le bupropion permet une reconnexion entre le savoir et la conscience assez intéressant à partir de 50 ans, mais il y a des effets secondaires, c’est un choix à faire :)
  19. Fer dit :
    Bonjour, suite à un burn out et une sentimentale chaotique, je suis suivie par un psychiatre. À force d’essayer de m’intégrer et de ressembler aux autres sans succès, j’ai fait des recherches sur le net avec la nette conscience d’être différente et je suis tombée sur le syndrome d’asperger auquel je me suis identifiée immédiatement. J’en ai parlé à plusieurs professionnels de la santé mais aucun ne me prend au sérieux sous prétexte que je n’ai pas le regard fuyant et que je m’exprime plutôt correctement. On m’a taxé d’obsessionnelle en m’expliquant qu’il n’y a rien de mal à cela. Certes, je ne me sens anormale mais je me sens différente et comme il est dit dans les témoignages ci-dessus, les rapports avec les autres sont souvent semés de malentendus, d’incompréhension et me demande systématiquement une énergie considérable.
    Comment faire pour être entendue ? Si vous avez une piste, aidez-moi, je vous en prie.
    Merci par avance.
  20. Nath dit :
    Bonjour,
    j’entends bien que votre vie avec l’autisme est parfois épuisante. En tant que mère d’un jeune homme autiste de 24 ans, je peux témoigner que ma vie a été et est encore très fatigante, car il m’a fallu devenir mère (mes 2 précédents enfants n’étant pas autistes) d’une autre façon et faire évoluer le regard de mes amis, et de ma famille sur ce fils qui n’a pas poussé comme les autres. J’ai réussi à comprendre ses difficultés (l’amour d’une mère, ça donne une force incroyable) et à m’adapter à ses besoins si particuliers. Ensuite, je suis devenue enseignante auprès d’enfants handicapés dont certains sont porteurs d’autisme. Croyez moi, pour un neurotypique, il faut beaucoup d’énergie pour entrer dans le monde des personnes avec autisme…autant d’énergie qu’il en faut aux personnes avec autisme pour comprendre les NT. Ma vie a été bouleversée par l’arrivée de mon fils, et je peux dire qu’elle est devenue plus belle. Mon regard sur la vie a beaucoup évolué, je suis devenue plus tolérante, plus ouverte à la différence. L’autisme de mon fils m’a permis de faire le tri dans les personnes de mon entourage, je suis moins entourée mais les personnes qui sont présentes sont des amis pour toujours. Je vous en souhaite d’aussi bons. Cordialement
    Nath

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