Diagnostic du syndrome d’Asperger, un long chemin (partie 3/3)

My name is Khan, AspergerDans l’épisode précédent, j’évoquais  les 2 aventures qui m’étaient arrivées pendant ces années d’attente en vue de trouver une alternative au CRA.

Je n’étais pour autant pas plus avancée dans mes démarches. La jeune psychologue clinicienne, manifestement un tantinet gênée du peu de professionnalisme dont elle avait fait preuve (& je pense surtout, essayant de récupérer vaille que vaille une cliente qu’elle voyait s’envoler…), m’avait affirmé qu’au vu de mes documents & de mon parcours, elle était d’avis que l’hypothèse du SA soit justifiée & serait probablement confirmée lors d’un bilan :?:

Cependant dans la mesure où mon instinct me poussait à ne surtout pas poursuivre cette quête à ses côtés, mais à me résoudre désormais à une attente bien sage auprès du CRA, ça ne me donnait au fond aucune confirmation de quoi que ce soit o.O
Je présumais qu’elle pouvait certes dire cela parce qu’elle le pensait sincèrement, mais aussi, & plus certainement le dire parce qu’elle y trouvait un intérêt financier manifeste.

Parallèlement à ça, une copionaute également Aspergirl m’avait donné les coordonnées d’une psychologue, en région parisienne, qui serait très au fait du syndrome d’Asperger. Je les avais gardées par-devers moi, au cas où…

J’y ai alors repensé en 2012, quand le silence du CRA, toujours retentissant, me pesait & me faisait m’interroger une fois de plus sur l’éventualité d’une autre voie de diagnostic.
Puis me suis vite ravisée, véritablement échaudée par ces 2 expériences malheureuses  :(

A quoi bon dépenser autant d’argent, sans parler des frais de déplacement sur Paris, pour un diagnostic qui n’en serait même pas un, au sens officiel du terme (puisqu’il resterait à être validé par un psychiatre extérieur !).
Ça me semblait être une chose à oublier définitivement. Car trouver un psychiatre qui accepte de valider « à l’aveugle » une hypothèse lancée par un psychologue avec qui il ne travaille pas en équipe, qu’il ne connait pas, pour un trouble qu’il ne maîtrise pas non plus relève sans doute du tour de force? :roll:

Et puis je ne voulais pas d’un diagnostic de complaisance, ou d’un avis bancal. Je voulais savoir, réellement, si mon intuition était bonne, ou si je faisais fausse route. La question n’était pas « obtenir une étiquette d’Aspie à tout prix », mais valider ou invalider un sentiment très profond : celui de me reconnaître totalement dans le SA.

Ainsi, je me suis dit que ce serait un diagnostic par le biais du CRA ou rien, & que peu importait le temps que cela prendrait ! J’avais attendu plus de 30 ans pour songer que cela pouvait me concerner, je n’étais plus à quelques mois ou quelques années près, finalement.
Au fil du temps j’ai même totalement lâché prise, ne me souciant plus réellement de cette attente, de ce bilan.

Et puis un jour, alors que je n’y pensais plus vraiment, j’ai reçu un appel du CRA  :fbhugh:
Comme lorsque l’on s’éloigne d’un téléphone, après de longues minutes à le fixer dans l’espoir qu’il sonne, en vain. C’est à ce moment là que la chose se produit, avez-vous déjà pu oberver ce phénomène étrange ? A croire que s’il se sent surveillé, il reste définitivement muet. Par contre, faites mine de vous en désintéresser, & hop, la sonnerie retentit  :D

Bref, devant la demande de plus en plus importante de diagnostics sur les adultes, une nouvelle unité venait d’ouvrir !!!

On me proposa lors de cette conversation de m’envoyer un questionnaire à remplir, puis à retourner par courrier. Ce que je fis sans difficulté (j’avais déjà réalisé un partie du travail pour le dossier envoyé à la psy parisienne). De nouveau plus de nouvelle pendant quelques semaines, jusqu’à une lettre reçue un beau matin.

Le courrier m’invitait à me présenter, quelques 6 mois plus tard, pour 2 journées de diagnostic. Sans plus de détails…

Aspies for freedom

J’avais enfin une date de fixée ! J’aurais dû me sentir soulagée ou heureuse, sans doute. Mais finalement, tout cela me paraissait si lointain que ça ne me touchait pas. J’avais toujours la sensation que ce serait dans une éternité, & que finalement, le rendez-vous n’aurait pas lieu, pour une raison indéfinie :x

Les mois ont passé, & la date est arrivée, mais étrangement j’ai hésité à annuler. Jusqu’au dernier moment (la veille !) je me demandais ce que le diagnostic, validé ou infirmé, m’apporterait au fond, à mon âge.
Me disant aussi que je me trompais probablement, ne me sentant pas « handicapée ». Atypique, oui sans aucun doute, mais handicapée, certainement pas :!:

J’avais tout de même pris soin d’étudier autant que possible le parcours & l’environnement (Google est mon meilleur ami :love: ), comme je le fais toujours quand il me faut me déplacer dans un nouvel endroit. J’ai besoin d’une préparation, autant mentale que pratique.

L’idée aussi de ne rien savoir du déroulement de ces 2 journées m’angoissait considérablement. J’avais bien tenté de joindre la secrétaire qui m’avait laissé son numéro lorsqu’elle m’avait envoyé le formulaire à remplir… mais personne ne répondait. Nulle solution pour me rassurer, nul moyen de poser mes questions, pourtant nombreuses (comment étaient disposés les lieux, y avait-il un parking, etc.). En résumé : tout ce que je ne pouvais pas visualiser sur Google Street View…

Et puis la veille au soir j’ai réfléchi à ces années d’attente. Je me suis dis que si cela ne changeait pas grand chose à qui j’étais, savoir si oui ou non j’étais porteuse du syndrome d’Asperger aurait peut-être, malgré tout un intérêt, un sens pour mon fils lorsqu’il deviendrait père. Plus aucun doute à ce moment là dans mon esprit, j’irai passer ces 2 jours de bilans & quelle que soit la réponse, elle serait la bienvenue  :up:

Le jour venu, tout s’est bien déroulé (j’ai réussi à arriver à bon port en ne me trompant de route qu’une seule fois ! Ce qui était déjà en soi un exploit me concernant, moi qui ai un sens de l’orientation proche du zéro, même assistée d’un GPS :fbpff: ).
J’ai donc passé nombre de tests tout au long de la journée, dans un contexte relativement serein (les locaux étaient quasi vides, ce qui n’était pas pour me déplaire !), bien que bruyant pour moi (les bruits venaient de l’environnement extérieur).

Une partie avec un neuropsychologue, l’autre avec un psychiatre & un interne en psychiatrie. A commencer par un nouveau test de QI (échelle WAIS-IV, cette foi-ci).
Puis j’ai enchaîné un bilan neuropsychologique complet, comprenant une évaluation des fonctions exécutives & attentionnelles (épreuve de double tâche, test d’attention concentrée, TMT, évaluation des troubles anxieux, etc.) ainsi qu’un bilan de profil sensoriel.

Egalement des tests spécifiques au diagnostic de l’autisme :
– l’AAA (pour Adult Asperger Assessment)
– l’AQ (pour Autism Spectrum Quotient)
– l’EQ (pour Empathy Quotient)

Et une évaluation des troubles de la cognition sociale :
– le Hinting task (qui consiste en l’interprétation de phrases impliquant des sous-entendus)
– le QCAE (pour Questionnaire of Cognitive and Affective Empathy)
– le TREF (pour Test de Reconnaissance des Expressions Faciales émotionnelles)
– le RMET de Baron-Cohen (pour Reading the Mind in the Eyes, qui évalue la compréhension des expressions & émotions complexes renvoyant à un état mental, à travers une série de 36 items. Le test consistant à identifier la signification d’un regard, très cadré, parmi 4 possibilités données… Absolument terrible pour moi !!! Ce fut une véritable souffrance, & je pèse mes mots, dont je ne voyais plus la fin :?: )

Ce test tournant sur le net, vous avez été quelques uns à me demander des détails. Voici donc mes résultats : 14/36
Et les conclusions à propos ce test de l’équipe pluridisciplinaire qui m’a bilantée :

“Le point essentiel à retenir est que Mme XXX ne présente aucun “trouble cognitif, et qu’en outre elle possède des aptitudes très supérieures à la normale. […] La perception d’images émotionnelles fixes (regards, visages) est très déficitaire, ce qui doit nuire à l’interprétation que Mme XXX pourrait en faire dans la vie quotidienne. […] En somme, contrairement à la majorité de la population, Mme XXX ne dispose grossièrement que d’un outil sur trois pour appréhender le ressenti des autres, à savoir celui de l’appréhension logique, presque algorithmique des différents paramètres pouvant influencer l’état émotionnel des personnes qui l’entourent.”

Et enfin un entretien psychiatrique & médical très poussé, qui reprend en détail toutes étapes de la vie, le contexte & les antécédents familiaux jusqu’aux grands-parents. Le tout analysé selon les critères du DSM-IV (pour Diagnostic and Statistical Manual of mental disorders).

Par chance, mon profil ne nécessitait pas l’intervention d’un psychomotricien ou d’un orthophoniste (ce qui est parfois le cas, en fonction de chacun d’après ce qui m’a été dit). Ce fut très dense, mais à choisir (j’ai eu le choix), j’ai préféré condenser tous ces bilans sur une seule journée,  avec une courte pause déjeuner, & être libérée le lendemain.

En fin de journée un nouveau rendez-vous m’a été fixé, pour la restitution. Seulement 3 semaines plus tard, à ma grande surprise (j’imaginais devoir attendre de nouveau de longs mois avant avoir une réponse !?).

On se sent véritablement mis à nu, c’est assez perturbant par moment  :?:
Ce fut aussi compliqué pour moi, pour ne pas dire déroutant dans certains tests avec lesquels je n’étais pas à l’aise du tout. Mais ce fut aussi réellement épuisant, nerveusement & physiquement !
En rentrant chez moi le soir venu j’étais éreintée. Je n’avais qu’une envie : aller me coucher & être dans le silence, récupérer.

Le laps de temps entre cette journée & mon entretien de restitution s’est passé tranquillement ; sans anxiété ni impatience particulière.
Je m’y suis rendue avec plus de calme que la 1ère fois (je connaissais les lieux & les personnes, ce qui pour moi est extrêmement important & rassurant) & dès le départ, l’équipe m’a informée qu’elle concluait à un TSA, & plus particulièrement à un syndrome d’Asperger.

Le compte-rendu qui m’a été lu, puis confié sous 2 formats (complet & abrégé), était vraiment très cohérent avec mon ressenti & mon parcours. Je ne regrette vraiment pas d’avoir tenu bon, malgré les années d’attente, car cela m’a permis d’apprendre nombre de choses sur moi, sur mon fonctionnement concret, au quotidien.
Si je savais que j’étais hors norme sur bien des plans, je ne savais pas forcément pourquoi. Encore cette sensation d’évidence, de clarté. Comme un puzzle dont on trouve la pièce manquante & qui d’un seul coup prend tout son sens ! J’avais eu ce sentiment lorsque j’avais appris le surdouement de mon fils, alors âgé de 4 ans…

Un exemple : je soulignais plus haut, l’extrême difficulté que j’ai eu avec le test appelé RMET. Les explications qui m’ont été données par la suite, très détaillées, m’ont alors permis de comprendre (après tant de questionnements) pourquoi j’avais si peur des masques & des déguisements. Seul le regard de la personne reste visible !!! Or, ma perception des images émotionnelles transmises par les regards est très déficitaire.
En clair, je suis incapable de décrypter les intentions ou les sentiments exprimés dans un regard seul. Ce qui génère chez moi une extrême anxiété si je n’ai d’autres moyens de compenser cette défaillance (ce qui est précisément le cas quand le visage est masqué).

Voilà. J’espère que ces 3 billets vous éclaireront, si besoin  :fb;):

Je précise enfin, car on me l’a souvent demandé par e-mail, que tout est gratuit lorsqu’il s’agit d’un établissement public (CRA, unité spécialisée ou pôle de diagnostic autisme de CHU, etc.). Il n’y a même pas d’avance de frais, puis de remboursement : c’est tout simplement entièrement gratuit (une attestation de droits à la CPAM, en cours de validité, est demandée).
Bien entendu, il n’en va pas de même s’il s’agit de consultations en cabinets privés. Les psychiatres libéraux (qui sont des médecins) sont remboursés (selon les barèmes fixés). Les psychologues, neuropsychologues, psychomotriciens ne sont pas du tout remboursés par l’assurance maladie.

:finger: à noter que les psychiatres libéraux sont consultables en « accès direct » (c’est à dire sans accord préalable du médecin traitant) jusqu’à 25 ans seulement  ! Au delà attention, il vous faudra impérativement passer par votre médecin déclaré avant de rencontrer un spécialiste, pour être remboursé au plus haut taux (sans ce passage par la case médecin traitant, vous serez alors hors parcours de soin)  :o


Mon prochain livre : “Asperger & fière de l’être. Voyage au cœur d’un autisme pas comme les autres.” qui paraîtra en mars 2017 aux éditions Eyrolles  :round:

Cliquez sur la couverture pour ouvrir
les détails d’ “Asperger & fière de l’être”


Pour retrouver les différents tests…

  • Ceux validés & élaborés par des spécialistes :
    – l’AQ test de Simon Baron-Cohen
    – le RMET test de Simon Baron-Cohen
    – le RAADS-14 Screen test de Susanne Bejerot
  • Ceux non-validés (qui n’ont donc aucune valeur pronostique) :
    – l’Aspie Quiz de Leif Ekblad

À propos de Alexandra Reynaud

Autiste Asperger avec très haut QI, diagnostiquée à 32 ans ◦˚ஐ˚◦ Blogueuse • Maman • Conférencière • Auteure aux éditions Eyrolles
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35 réponses à Diagnostic du syndrome d’Asperger, un long chemin (partie 3/3)

  1. SanyMei dit :
    c’est drole comme je retrouve pas mal de choses finalement..mon bilan au CRA de Brest s’est fait sur une journée aussi (normalement ils font sur 2 jours maintenant, et je dois encore faire un bilan ergo pour le travail, et consult.genetique si besoin.(un peu tard pour nous, et mes 4 zozos… :P )..
    mais je retrouve cette “course au vrai diag, celui qu’on ne viendra pas mettre en doute…que je saurai être valide.ca avec le prédiagnostique de la psychologue, pas mal, mais ca manquait de “profondeur”..(bon ca ne m’avait couté que 90 euros en fait, pas mal si on regarde les prédiag d’autres “centres”…. :? )
    et puis pour d’autres professionnels par la suite ca manque aussi terriblement de serieux.
    alors qu’aujourd’hui, j’ai pu deposer mon diag chez ma généraliste le front haut, sans sourciller..au début quand je lui ai dit mon SA (j’ai fini par lui dire, c’etait important pour moi que on médecin soit au courant…) elle a douté, j’en suis sure.elle m’a demandé d’un air ahuri ce qui avait bien pu faire qu’on me considère autiste?..et puis calmement j’ai enuméré mes difficulté..mon parcours (très résumé), mon bilan au CRA (très réputé..)et la, son regard s’est changé en..admiration, enfin un truc du genre. je crois. :oops: )et elle a voulu des infos sur le SA au feminin ..
    personne ne remet en doute un bilan serieux de CRA. cest de ça dont j’avais besoin.. :)

    je manque tellement de confiance en moi que ca tmbe bien.
    et puis, c’est vrai que le coté financier est plutot appreciable…quand je lis a quel point les divers pros se succèdent pour les filles/femmes aspies, sans qu’elles reussisent a trouve les bons, mieux vaut directement appeller le CRA et attendre;.quand on le peut. ;)

    bref..ravie de lire tout ça qui me rappelle bcp de souvenirs. :up:

    • Aspergirl dit :
      Il m’a été proposé aussi une consultation génétique le jour de mon RDV pour restitution. Je réfléchis (les prises de sang & moi, on n’est peu amies :( ) :up:
      • Stéphanie dit :
        Bonjour,

        je sais que j’arrive bien longtemps après la publication de ce billet mais il est d’actualité pour moi.
        En fait, j’ai lu un certain nombre d’articles du blog (et d’autres, d’ailleurs), mais j’interviens à la fin de celui-ci parce que je ne peux pas faire autrement, je ne peux plus restée isolée.

        J’ai 34 ans, je suis ingénieur, je suis socialement intégrée… enfin, je donne l’impression.

        Je me suis toujours sentie à part, différente, décalée. J’ai eu du mal à avoir des amis, et j’ai encore énormément de difficultés. On me dit que je paraîs froide, rigide, hautaine de prime abord. Moi, je me trouve sympa et chaleureuse… Hum hum hum
        J’ai très très peu d’amis et j’ai du mal dans les relations interpersonnelles : je trouve les gens hypocrites, et souvent, je refuse de rentrer dans les relations pour cela. Pendant très longtemps, j’ai eu du mal à comprendre comment un groupe fonctionnait, ce qu’il était attendu des participants, mais avant tout, comment l’intégrer. Et les rares fois où j’ai réussi à pointer le bout de mon nez dans un groupe, j’étais mal à l’aise et perdue, avec la seule envie de partir.
        J’ai été diagnostiquée THQI il y a 3 ans. A la suite de recommandations d’un psychiatre que j’avais consultée car je pensais être bipolaire ou un peu timbrée tout court (mon entourage me disait que j’étais trop sensible, trop emportée/passionnée… ingérable pour certains).
        Cette psychiatre (psychanalyste également) m’a dit au bout de 3 entretiens pendant lesquels elle était restée silencieuse, que non, je n’étais ni folle ni bipolaire, mais de faire un test de QI. Test que j’ai fait 8 ans après, avec un diagnostic de THQI.
        Je me suis sentie mieux à la suite des résultats car je m’étais collée une étiquette, pensant que je m’accepterais mieux. Que nenni.

        Mon conjoint est également THQI. Il a des traits autistiques, des troubles des habiletés sociales. Légers, certes, mais qui le rendent néanmoins à part.
        En lisant ce blog, ce parcours de dépistage, le billet sur le rapport au cours et en faisant le RAADS, je me rends compte que je ne suis pas toute blanche non plus…
        Je pense me faire bilanter, et je souhaite que mon conjoint le fasse également.
        Aujourd’hui, j’ai bcp de difficultés à envisager la maternité : j’ai terriblement peur d’avoir un enfant souffrant d’autisme.
        Je sais, je dois vous faire hurler et j’en ai honte, oui, mais la peur et l’angoisse sont plus fortes que tout. Et je brise ce silence qui m’étreint depuis des années.
        Alors, quand tu as parlé de tests ADN, je me suis dit que cela pourrait me rassurer.
        As-tu fait ces tests ? Où peut-on se faire tester? Pour quelle fiabilité?
        En te remerciant et en espérant n’avoir froissé personne…

        • Aspergirl dit :
          Non non, attention ! Il n’existe pas (pour le moment en ts cas) de test génétique qui donnerait un verdict sur les possibilités de “transmettre” toute forme d’autisme à son enfant.
          Les analyses ADN sont uniquement proposées (qd elles le sont, car tous les services diagnostic n’offrent pas cette chance) pour, justement, creuser la question de gènes responsables des TSA. Mais tout ça n’est qu’au stade de la recherche ;)
          • Stéphanie dit :
            Je me doutais bien que ces analyses étaient pour aider la recherche. Néanmoins, en me renseignant sur le sujet, j’avais vu que des équipes aux USA et en France travaillaient sur le sujet. Alors, avec un peu de chance…
            Merci qd mm. Ton témoignage est vraiment important pour les personnes qui peuvent se sentir isolées en pré-ou post-diagnostic.
            • Aspergirl dit :
              Certains labos (privés) proposent des tests génétiques pour tt un tas de choses
              – origines ethniques
              – liens de filiation
              – prédispositions à certains problèmes

              Mais pas de forme de diagnostic par ADN par ex. (qt aux prédispositions à tel ou tel souci / risque / trouble : c’est ts ts vague au jour d’aujourd’hui :( )

              L’objectif de mes 2 blogs est d’aider :) Je suis tjrs heureuse qd ils apportent du réconfort !

    • Erwan dit :
      Bonjour,
      Je vois que tu es allées au CRA de Brest. Je pense y aller également. Je souhaite être diagnostiqué et je voudrais connaitre les étapes à faire pour y arriver. Le but pour moi est d’éviter de me perdre dans un parcours administratif comme elle vient de nous décrire. Merci à toi
  2. Caroline dit :
    Je vous suis très reconnaissante pour ces 3 billets…
    Cela m’encourage à poursuivre les démarches et à ne pas rester sur un auto-diagnostic.
    Jusqu’à présent je crois que j’avais peur de toutes ces variables inconnues :
    quels tests, combien de temps …
    mais vous avez donné des éléments de réponse à tout cela.
    Un grand merci à vous.
  3. Sly dit :
    Merci Aspergirl !
    Marrant ce truc des masques… moi aussi ça me fait peur les personnes déguisées/masquées…
    En fait je pose vraiment beaucoup de questions parce que je n’ai aucun soucis pour décrypter les expressions sur les visages, je comprends le second degrés, je sais mentir,… alors que j’ai l’impression que c’est la base des Aspie, mais sur le fond, le comportement social & co c’est moi tout craché.
    Cela dit j’ai réalisé en regardant les vidéos et en lisant ton article que, bien que ça me semble évident si je lis “Tu vas voir ce que tu vas voir…!” ou “très drôle…” (je comprends le sous-entendu directement), par contre quand il s’agit d’une situation particulière dans laquelle je suis impliqué personnellement, c’est souvent que je prends les choses au premier degrés.
  4. Zebra3 dit :
    Waouw !! Merci beaucoup Alexandra pour ce nouveau blog que je découvre avec beaucoup d’intérêt et prévois de consulter régulièrement. Je suis sûre qu’il sera très riche en informations, tout comme celui créé pour le Zebrillon.
  5. Laurence dit :
    Waouw. J’ai l’impression de lire mon ressenti. J’ai envie de dire merci Daniel ;-) C’est fou, c’est exactement le même début de parcours.
    Mon dossier est prêt (enfin car j’ai beaucoup cogité mais je dois savoir, être certaine) et j’espère pouvoir l’envoyer aujourd’hui.
  6. Aude dit :
    Bonjour,

    Pourriez-vous me dire où vous avez été diagnostiquée ?

    Merci par avance,

    Aude

  7. désemparée dit :
    Bonjour,

    J’ai voulu vous contacter par email, mais cela n’a pas fonctionné.

    Je suis complètement désemparée. Depuis plusieurs années je cherche à comprendre mes difficultés relationnelles dûes à mes pbs de communication. Au hasard de mes différentes lectures (j’ai lu plusieurs ouvrages), je suis certaine d’être concernée par le SA.

    On m’a également diagnostiquée : bipolaire, schizo …. et dernièrement parano !!!

    Puis, j’ai enfin trouvé un spécialiste en ted. Suite à l’entretien, on m’a dit j’avais un contact visuel ok, pas de gestuelle significative et une voix qui n’est pas monocorde = vous n’etes pas autiste. Aucune question sur mes antécédents (j’ai 40 ans), mes relations sociales, mes problèmes sensoriels, mon épuisement et mon besoin de me ressourcer après des contacts sociaux , …. aucun test psychométrique … rien !! Ce diag n’a pas été fait avec tous les outils dont vous parlez .

    Pouvez vous me communiquer l’adresse du CRA qui vous a reçue … je suis prete à me déplacer n’importe où pourvu qu’on me fasse passer des tests objectifs afin de savoir enfin. Je demande juste une validation ou invalidation de mon intuition.

    Je vous en prie … HELP !

    Merci par avance car je suis si épuisée

    • Aspergirl dit :
      Bsoir,

      Pour un diagnostic de SA il faut le concours d’une équipe pluridisciplinaire. En France les CRA s’en chargent ts bien (& gratuitement). Je vous conseillerai donc de vous rapprocher du CRA dt vous dépendez (car non, on ne peut pas choisir son CRA :( C’est une question de secteur géographique par rapport à votre domiciliation).

      Ici mon histoire de diagnostic à l’âge adulte : http://les-tribulations-dune-aspergirl.com/histoire-dun-diagnostic-a-lage-adulte/ (avec le lien vers l’ANCRA, qui regroupe les CRA de tte la France).

      Sinon vous avez aussi le Dr Cabrol sur Chambéry dt j’ai entendu bcp de bien sur le SA, de même que le Dr Lazartigues sur Paris & le Dr Gepner sur Aix en Pce :up:

      Alexandra

      • Marie-Christine Brahmi dit :
        Bonjour à vous, et merci pour ce blog! (et pour cette liste de médecins!)
        Je suis actuellement en cours de diagnostic au Centre Donald T du CRA de Lyon; j’ai passé les tests de psychomotricité, puis ceux du QI cognitif; ensuite, j’avais l’entretien avec le médecin-psychiatre … qui s’est plutôt pas très bien déroulé … (mon mari était présent, mais il n’a jamais été consulté, elle ne s’est cristallisée que sur ma petite enfance … !!!) et qui m’a clairement laissé entendre que, selon elle, je ne rentre pas dans la “grille” du TSA, que je serai un “zèbre” (parce que je parle, je lis, et j’ai des émotions … !!! au s’cours … !!!); j’aurai 54 ans en aout prochain; dans mon parcours, j’ai été estampillée “schizophrène” à l’adolescence, puis “bipolaire” à la trentaine … et, aujourd’hui, “zèbre” (enfin, je n’ai pas encore été convoquée pour la restitution du diag’ …); je n’ai hélas pas eu la présence d’esprit (n’est pas aspi qui veut, hein … si je ne l’étais pas, je pense que je l’aurais eue!) de lui rétorquer que c’est donc affirmer qu’il faut être DI et/ou une plante en pot pour être aspi, selon elle, et qu’elle vient donc d’affirmer la non-existence de tous les aspis HQI, HPI, et j’en passe … voilà, pour ce qui est de la p’tite histoire de mon p’tit cas … me reste le privé, pour enfin (peut-être) arriver à un diagnostic plus … complet, j’ai envie de dire….
        Un grand Merci à vous, et courage à toutes et tous.
        (je veux un autre avis surtout parce qu’à Donald T elle m’a avancé des arguments qui ne sont guère recevables … je ne “rentre” pas dans le tsa, selon ses termes, parce que je parle, je lis, j’ai des émotions … (ce qui est le cas de TOUS les autistes que je connais, aspi ou pas!!!!); et de continuer en me disant que je suis “zèbre” (tjs selon ses termes) je n’ai pas eu la présence d’esprit (je n’en ai jamais, à vrai dire, sur le moment …) de lui rétorquer qu’elle venait de me servir, d’une part, tous les clichés largement répandus dans l’inconscient collectif du citoyen lambda, et, en second lieu de nier l’existence des aspis hqi et/ou hpi … et aussi, je vais sur mes 54 ans et elle ne s’est cristallisée que sur ma p’tite enfance … comme si un individu ne subit aucune évolution tout au long de sa vie et est absolument incapable de s’adapter de quelque manière que ce soit, comme si c’était sa condition initiale qui le forgerait bcp plus que les circonstances de la vie … je suis très triste pour elle, son univers doit être vraiment très réduit … )
      • Je rajoute juste une petite information : que du bon aussi du côté du CRA de Grenoble (le CADIPA).
        Bonne équipe, bon accompagnement, des personnes compétentes et un bilan qui tient la route sur plusieurs pages.
        8 mois d’attente de mon côté avec une recommandation “urgente” d’un psychiatre en libéral.
        3 semaines pour les résultats complets
        Passation sur 3 jours
  8. couard pas si anonyme dit :
    Je suis dans l’attente d’un RDV pour faire ce type de tests. J’espère y arriver avant deux ans. Je vis en Suisse, savez vous ce qu’il en est de ce côt?
  9. Dali dit :
    Bonjour,

    Je m’interroge non pas pour moi, mais pour mon “petit frère” de 40 ans. C’est en regardant les infos l’autre jour que j’ai entendu parler du SA adulte, c’est ce qui m’a fait consulter le web et tomber sur votre Blog, très riche par ailleurs. Voilà l’historique : nous sommes au total 5 frères et sœurs, un père partie et violant il y 27 ans (pendant notre adolescence), élevés par notre mère seule. Mon petit frère se situe en 3ème position dans la fratrie. Il a toujours été très timide, capricieux, colérique, ne supportait pas qu’on le touche, pour s’endormir ou regarder la télé (toujours parterre), il aime se balancer, mais il ne ressemble pas à un “autiste” tel que défini généralement. En grandissant il s’est tourné vers des potes qui ne l’ont pas aidé à se hisser dans l’échelle sociale. Il a commencé à fumer du shit et à boire vers 15 ans. Déscolarisé à 16 ans, sans diplôme ni formation il est aujourd’hui à la rue. Il y a 12 ans, j’ai fait une HDT en psychiatrie pour le protéger, Diag = schizophrène. 7 ans après une nouvelle crise de violence, une 2ème hospi en psychiatrie (pas le même secteur) et la nouveau diag = syndrome dépressif chronique. Pas de prise en charge pluridisciplinaire pour évaluation plus approfondit. Nous avons demandé son placement sous protection judiciaire (curatelle renforcée depuis 09/2012). Il n’arrive pas à garder un travail stable. Même l’interim ne veux plus de lui. La MDPH lui a évalué un taux d’invalidité inférieur à 50%. Il est gentil, stupide, influençable, ne veux pas faire du mal aux autres, au point de se faire taper dessus sans se défendre (bagarres de rue). Ne sait pas prendre les bonnes décisions pour son bien-être. A des tocs, des manies, n’aime pas les changements, aimes la propreté. Il est super angoissé, tous le stress et j’ai même le sentiment qu’il a peur tout le temps. Il est suivi au CMP de Saint-Denis, et prend selon son humeur un traitement (alprazolame, risperdale et un autre médoc donc je ne me souviens pas du nom). Son psy ne le voit pas souvent alors comment peut-il faire un autre diagnostique que celui arrêté lors de ses hospi ? Un jour il nous a dit, que notre frère était un enfant, et qu’il fallait le laisser grandir. Y-avait-il un message que nous n’avons pas capté ? Enfin tout ça, pour dire qu’on n’arrive plus à l’aider, à lui éviter des situations de mise en danger permanente. Je dirais même, que depuis aout 2014, j’ai pris la décision de ne plus avoir de contact avec lui. En lisant les symptômes de l’Asperger sur le net j’y ai reconnu mon frère. Vous allez probablement me conseiller de prendre contact avec un CMA, mais en Seine-Saint-Denis je ne crois pas qu’ils soient efficaces. Voilà, j’ai blindé le blogue avec mon histoire, mais ça m’a fait du bien. Merci pour vos témoignage, et bon courage à vous toutes.

  10. Anne Aunim dit :
    Bonjour,
    Cela fait quelques mois que j’ai entendu parler pour la premiere fois du syndrome d’Asperger, et ça m’a fait tilt assez rapidement. Étant hypersensible et surdouée, j’ai toujours mis mes “problèmes” sur le dos du surdouement et de l’hypersensibilite mais je pense qu’il y a autre chose. Je me retrouve beaucoup dans ce que vous dites dans l’article sur les aspergirls et je pense sauter le pas et appeler le cra le plus proche de chez moi. Je pourrais sans doute faire sans, m’étant adaptée aux autres et au monde extérieur, mais si ça peut me permettre de me comprendre mieux, et de souffrir moins, ça serait enorme. Merci pour vos témoignages en tout cas.
  11. Elo dit :
    Bonjour Aspergirl,

    Merci pour ton témoignage, je pense qu’il sert à beaucoup de gens, notamment moi!

    J’ai 33 ans, totalement intégrée, je travaille, j’ai beaucoup d’amis et n’ai jamais vu de psy. Pourtant…. Depuis toujours on me trouve bizarre, originale, extravertie, mais [presque] toujours dans le sens positif, je fatigue mes amis à parler des heures de mes lubies successives, j’ai des tiques nerveux, qq angoisses la nuit particulièrement, besoin de logique, néologisme, bug, sensible aux bruits……….et pleins d’autres choses que toi et d’autres aspies décrivez sur internet.

    il y a 10 ans, après voir vu une maman dans une émission diagnostiquée tard en même temps que son fils, j’avais pleuré devant ma télé, tellement son discours me parlait. j’en avais alors parlé à ma meilleure amie et un copain qui avaient rigolé en disant que j’étais bien trop sociable pour être autiste. donc j’avais oublié cette idée.

    Puis récemment, un de mes fils, hospitalisé pour des petits pb, un pédiatre a évoqué l’hypothèse qu’une maladie psychiatrique. Finalement, on a trouvé ce qu’il avait et rien à voir. Mais du coup, j’ai pas mal fouiné sur le net pour comprendre son pb, et je suis tombé sur le syndrome d’Asperger. Et là, les similitudes entre vous et moi m’obsèdent, et j’ai du mal à penser à autre chose.

    Mon résultat du test sur 200 points, dont je ne me souviens plus du nom, donne 117, donc pas très tranché… je ne sais pas quoi faire. j’ai bien compris que je devais m’adresser à un CRA (ou CHU spé….) mais mon pb, c’est est ce que le diagnostique ne va pas me faire perdre ma confiance en moi acquise finalement très tard, il y a que 5 -10 ans je dirais ? et puis je dois avoir une ordo de la généraliste? mais j’ai pas envie de lui parler de ça avant d’être sûre…
    Est ce que ce centre est valable:
    Rhône-Alpes
    C.A.Di.P.A.
    Responsable : Brigitte Assouline
    Centre Hospitalier Saint-Egrève
    BP 100
    38521 Saint-Egrève Cedex

    Si quelqu’un a eu les mêmes interrogations et pouvait m’aider dans cette réflexion, je suis preneuse !

    Merci!

  12. Agnès dit :
    Bonjour,
    Ca fait plusieurs jours que sur mon ordi, les onglets de votre site sont ouverts.
    Je les lis, tranquillement, entre deux autres lectures.
    J’avance aussi et comme vous dites, je mets les pièces du puzzle en ordre. Il faut dire que je les ai soigneusement gardées (cachées) durant presque 49 ans.
    Ce qui est étrange c’est qu’en février, au cours d’une séance avec ma psy, je lui disais que j’avais l’impression de revivre les mêmes émotions qu’il y a 14 ans, lorsque j’attendais mon deuxième bibounet. La mise au monde de mon petit Prince a été un parcours terrifiant psychologiquement parlant, et je suis toujours fabuleusement heureuse de constater que j’ai pu, j’ai réussi, contre toute attente, à donner le jour à ma tête blonde qui est comme sa grande soeur Princesse un don du ciel.
    Je crois qu’une grande partie de ma motivation actuelle se trouve dans la transmission des valeurs à ces petits adultes en devenir. Je souhaite par dessus tout pouvoir leur offrir un maximum d’outils et surtout si cela est possible que leur chemin de vie soit plus “sécurisé”, qu’ils ne souffrent pas autant sans savoir pendant des années, qu’ils apprennent avec leur richesse sans se perdre ni se voiler et qu’ils aillent là où ils seront chez eux…
    Bref, actuellement je suis dans le bouquin Nadine Kirchgessner après avoir lu celui de Temple Grandin, mais aussi tous les autres (trop intelligents pour être heureux, les surdoués ordinaires, etc…). Au milieu de mon grand chantier, je me sens fabuleusement heureuse d’avoir cette ressource de lire, d’apprendre, de découvrir, de comprendre.
    Evidemment, le reste se coordonne, dirais-je. Ca y est, je retourne enfin dans mes sites virtuels mais où il y a tant de moi.
    Et puis en lisant vos articles, car je m’interroge fortement sur un aspect “Aspi” en ce qui me concerne (mais aussi évidemment pour ma fille et mon fils – 19 et 15 ans), je suis allée faire un tour sur le site du CRA de ma région. J’ai noté le numéro et les heures d’ouverture et très vite je vais appeler.
    Tout va si vite, en fin de compte. Mais et c’est ainsi, même si j’ai mis des années à étendre mes nouvelles ailes (nouvelles, anciennes, invisibles, pas conforme ?…), le temps que j’ai devant moi n’est plus à la procrastination. Il n’est pas en perte, car tout sert à tout. Mais, pour une fois vraiment, j’ai envie et je m’autorise à utiliser ma rapidité à mes fins.
    Tout à l’heure, à 11 h, j’ai rendez-vous pour le WAIS. Je suis très satisfaite de mon parcours car mon éveil (tiens d’ailleurs, connaissez-vous ce film fabuleux avec De Niro, l’éveil… il m’avait marqué à son époque) très récent est survenu alors que j’étais prête.
    C’est à la sortie d’un séjour en clinique psychiatrique (pour dépression aigüe suite à un SSPT – agression par un collègue sur mon lieu de travail il y a deux ans) que l’on m’a parlé du haut potentiel. De fil en aiguille, j’ai cheminé avec un nouveau psychiatre spécialisé en méditation pleine conscience et ma fabuleuse psychologue. Un matin je lui ai parlé de HP et en suivant, elle me donnait les coordonnées d’un neuropsychologue, que je contactais dans l’heure et avec qui j’ai eu un premier rendez-vous il y a 15 jours.
    Et voilà !
    Je pourrais vous décrire l’état dans lequel je suis, mais ce serait évidemment très long. Il y a un mélange d’excitation (debout à 5 h…), d’un plaisir certain à aller “jouer”, avec une curiosité qui va aboutir. Peu importe le résultat, je prends ces tests comme une sorte de radiographie de mon intelligence, outil présent dont je me sers d’une manière particulièrement consciencieuse mais somme toute de façon assez empirique. J’ai besoin de concrétiser par des schémas vérifiés et de pouvoir ensuite continuer mon travail en me servant de l’outil dans le bon sens. C’est un peu comme si j’avais un marteau en main depuis des années mais que je tapais sur mes clous avec le manche !
    C’est très manche tout ça et tellement à mon image : cocasse presse, incongru, farfelu, loufoque… mais tous ces mots, je les aime.
    Bon, je ne pense que ce commentaire soit une bouteille à la mer. Sinon, je ne l’aurais pas écrit. Je laisse ici une trace, un petit caillou comme j’en sème tellement partout. Ce n’est pas du grand n’importe quoi, non, je dessine mon chemin de retour. Le truc, c’est que ça fait hyper longtemps que je suis dans la forêt lointaine (où je m’y trouvais plutôt bien à certain moment, cachée sous mon chapeau de chat botté) et que ces traces que j’ai mis un peu partout, je les relis. C’est comme une grande toile d’araignée qui serait sur le sol, avec les points mais pas les fils pour la faire tenir sur ses piliers.
    Je me sauve (oui c’est ça, je suis en train de me “sauver”).
    Bonne journée
  13. Sal dit :
    Bonjour,
    Je commente sur un article ancien et j’ignore si vous aurez une réponse, mais je tente ma chance : cela peut-il avoir des conséquences négatives de se faire diagnostiquer ? Je pense passer des concours pour entrer dans la fonction publique… Le diagnostic aurait-il un caractère officiel qui obligerait à le déclarer ? (et exposerait donc à une discrimination potentielle…)
    Je me pose beaucoup de questions…
    • Aspergirl dit :
      Bjour ;)

      Vous avez aussi ce billet vidéo, que j’ai posté la semaine dernière, dans lequel je parle du diagnostic & des inquiétudes qui y st liées :finger: http://les-tribulations-dune-aspergirl.com/2015/04/15/video-du-blog-le-diagnostic-du-syndrome-dasperger-a-lage-adulte-en-particulier-celui-des-femmes/ :like:

      Et pour répondre à votre question : non, il n’y a aucune transmission de dossier où que ce soit dans le cas où un SA soit effectivement validé ! Après le diagnostic, il vous appartient par exemple de faire une demande de TQTH (pour Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé) auprès de la MDPH (pour Maison Départementales des Personnes Handicapées).
      Toutes les MDPH reconnaissent sans difficulté le statut de travailleur handicapé aux Aspies officiellement diagnostiqués, mais dans l’extrême majorité la reconnaissance est entre 50 & 79% d’invalidité… donc pas d’allocation adulte handicapé pour le “seul” SA bilanté à l’âge adulte…

      Ainsi cette reconnaissance (qui n’impacte en rien une carrière ou une orientation)
      – ne donne en réalité aucun droit particulier
      – n’est pas du tout automatique. Si vous n’en faites pas le demande, rien ne sera enregistré d’office, même avec un diagnostic auprès d’une unité dépendant du CRA de votre région :up:

      Alexandra

      • Sal dit :
        Merci Alexandra ! Au-delà d’un transfert de dossier, je me posais la question d’une question posée directement par un médecin dans le cadre d’une visite médicale d’embauche destinée à évaluer une “aptitude”… Disons que si le médecin demande “Vous connaissez-vous des affections particulières ?”, s’il y a diagnostic officiel, répondre que non consiste à mentir… Ce qui n’aura pas forcément de conséquences par la suite, mais bon… Alors que si je reste dans le flou total – ou partiel en me contentant de tests sur Internet – je peux avoir meilleure conscience en répondant que “non non docteur, je suis en parfaite santé physique et mentale” (sous-entendu “et il n’y a aucun risque que je sois moins productive en fin de journée car épuisée) pour ne pas compromettre mon embauche/concours…
        Je m’en vais regarder les vidéos ! Suis ravie d’avoir trouvée ce blog en tout cas. :)
  14. Moa dit :
    Une amie m’a parlé d’Asperger il y a quelques jours et n’ai immédiatement eu aucun doute sur le fait que j’étais concernée.
    J’ai immédiatement fait les différents tests en ligne qui me confirment ma première impression.
    Je ne souhaite pour l’instant pas me faire diagnostiquer, même si ma différence génère chez moi une anxiété quasi-permanente car je m’applique quotidiennement et depuis toujours à être le plus normale possible. De plus, étant actuellement à la limite du burnout, la période ne me semble pas favorable.
    Ma question serait justement de savoir ce que cela m’apporterait d’être diagnostiquée. En ai-je vraiment besoin? J’aimerais tellement avoir une réponse à cette question!
  15. Haru dit :
    Bonjour,
    J’ai été diagnostiqué Asperger hier par la psychiatre qui me suivait pour une dépression depuis 1 an qui s’était arrangé pour qu’une éducatrice du CRA assiste à l’entretien (durée:1h) .
    Très soulagée de voir mes doutes confirmés ,j’avoue être un peu déstabilisé de ne pas avoir à passer par le CRA (donc de n’avoir passer ni test psychomoteur ni tout les autres ),ça m’a paru extrêmement rapide en fait …
  16. Romane Azaro dit :
    Bonjour,

    j’avais laissé un commentaire il y a quelques mois sous un de vos articles, me reconnaissant dans vos descriptions.

    Il se trouve que j’ai eu un rendez vous il y a 15 jours et je vais passer les test, il semblerai que j’ai un syndrome d’aspeger. Une forme légére mais il y a bien des éléments qui ne trompent pas.

    Merci pour votre blog, je vais peut etre enfin savoir pourquoi je suis comme je suis :)

  17. Paul dit :
    Bonjour,

    Quel bonheur de pouvoir lire votre blog et d’y retrouver tant d’informations.
    Mon loulou va bientôt avoir 14 ans, et nous avons bien trop tardé avec sa maman pour prendre les choses en mains. Il est passé par plusieurs psychologues sur Metz, et entre incompétence et manque de professionnalisme, il a galéré pendant des années. Nous avons enfin trouvé la perle rare pendant ce chemin de croix : une psychologue qui connaît le SA, qui sait poser les bonnes questions et qui tout de suite suspecté l’origine de son mal être et de ses soucis de sociabilisation, d’inconfort au quotidien. Elle nous a orienté sur un psychiatre de Nancy (je peux vous donner son nom, mais en cherchant un peu, vous trouverez sans problème, il est réputé en la matière ;) ) qui a confirmé le diagnostic.
    Nous avons enfin pu mettre un nom sur ce qui empoisonne sa vie, et nous allons pouvoir travailler maintenant pour qu’il puisse vivre “normalement” avec les autres, bien qu’il ne puisse rentrer dans aucune case dans lesquelles le corps enseignant, en particulier, voudrait le faire entrer….
    Merci infiniment à son CPE qui nous a alertés l’année dernière, sans lui, nous n’en serions sans doute pas là aujourd’hui.
    Depuis que le diagnostic est posé, notre loulou va beaucoup mieux, il comprend enfin pourquoi sa vie a été si compliquée jusqu’à présent. Un long chemin reste à parcourir, mais il est désormais balisé. Reste à intégrer l’association Asperger Lorraine pour rencontrer des parents et des enfants qui sont dans le même cas que nous.
    Merci encore et courage à tous les ASPIES.
    Bien à vous
    Paul

  18. Spoon dit :
    Bonjour, je m’y prend peut être très tardivement mais je lance quand même ma pierre ici !

    D’abord merci pour ces billets, et ce blog, très bien construit, très clair et agréable.
    J’ai 24 ans et j’ai toujours soupçonné que quelque chose “n’allait pas” chez moi. Je me suis toujours sentie différente, inadaptée, entre autres je ne peux pas regarder les gens dans les yeux, et ma mère me l’a souvent reproché !
    En bref, je suis tombée récemment totalement par hasard sur un article qui traitait du syndrome d’Asperger, et plus je lisais, plus je me reconnaissais, plus je m’identifiais. D’un côté je me suis sentie soulagée que tout ce que je trouvais anormal chez moi (et qui m’a fait souffrir tout au long de ma scolarité, et continue de me “gâcher” légèrement la vie) avait un nom, mais de l’autre comment puis-je être certaine que j’ai ce trouble ? A lire ces 3 billets la course à la confirmation semble éreintante !!
    J’ai effectué le test du spectre autistique sur Psychomédia et j’ai obtenu 34/50, mais je ne sais pas si ce test est réellement significatif.
    Pour raconter un peu ma vie (pardon) et montrer ce qui me pousse à croire que je suis une aspie, je perd très vite pieds lorsqu’un bruit inattendu, désagréable, fort ou faible, se fait entendre. Une fois l’alarme incendie s’est déclenchée dans mon immeuble, et seule dans ma chambre je ne pouvais pas bouger le moindre muscle, je me suis juste assise par terre et j’ai pleuré en priant que le bruit stop. En outre cela me fait extrêmement peur, si je réagis comme ça face à une alarme, quid des pleurs d’un bébé ?! Lorsque quelqu’un fait un bruit quelconque (avec ses doigts, en se rongeant les ongles etc), je perd tout mes moyens ! Je deviens limite agressive lorsque la personne ne veut pas arrêter. Je vis en Angleterre donc les alarmes ambulances/polices sont bieeen plus stridentes qu’en France, c’est un cauchemar !
    Au niveau du toucher c’est quasiment la même chose, certains tissus me sont insupportables, les toucher me met mal à l’aise pour le reste de la journée, et rien que repenser à la texture… brrr !! Lorsqu’on me touche sans mon consentement c’est également très désagréable, surtout pour mon homme, il peut venir me toucher le bras et une seconde après revenir et je deviens folle…
    Quant à mes émotions, et bien, personne ne peut me connaitre mieux que moi ! Je suis extrêmement secrète, et je préfère tout garder en moi pour exploser seule dans mon lit ! (plus depuis que j’habite avec mon anglais, certes, mais tout de même). C’est auto-dévastateur et j’en suis consciente, mais je préfère cela plutôt que de dévoiler des choses qui pourraient être ensuite utilisées contre moi. Comme ça a déjà été fait.

    Je pourrai continuer encore encore et encore mais ça n’aurai aucun intérêt, j’aurai juste l’impression de répéter les symptômes trouvé sur Wikipédia ahah.

    Tout ça remonte à très loin, ma mère m’emmenait chez un pédopsychiatre mais elle ne m’a jamais expliqué pourquoi. Voilà peut-être enfin la réponse !

    Enfin bref, encore merci pour ce blog, c’est le premier qui tombe pendant une recherche Google sur l’Asperger ! Et on comprend pourquoi !

    Pauline.

  19. Kappa dit :
    Bonjour,

    Excusez-moi de vous déranger – surtout sur un billet d’il y a quelques années, mais je me demandais si, par chance, vous auriez conservé et accepteriez de communiquer les coordonnées de la psychologue dont vous parlez dans ces lignes : “une copionaute également Aspergirl m’avait donné les coordonnées d’une psychologue, en région parisienne, qui serait très au fait du syndrome d’Asperger. Je les avais gardées par-devers moi, au cas où…” ?

    En effet, je rencontre quelques difficultés à trouver un.e psychologue à qui m’adresser, étant dans une situation un peu complexe.

    J’ignore si je corresponds au profil des personnes ayant le syndrome d’asperger, tout ce que je sais c’est que je ne me suis jamais sentie aussi proche de récits de vie que de ceux de personnes autistes que j’ai pu lire.

    Néanmoins, j’ai un fort sentiment de décalage avec mon environnement et suis à court de chemins à explorer par moi-même, d’où ma requête.

    Bien sûr, je comprendrais que vous n’ayez pas le temps de fouiller vos archives, mais n’ayant pu trouver de réponse fiable (ou précise, car poser des questions aux spécialistes par téléphone m’est un peu difficile) sur internet, je me devais d’au moins tenter auprès de vous.

    Dans tous les cas, merci pour votre blog et vos partages qui permettent de se sentir moins seul.e, très bonne journée à vous,

    Kappa

  20. Aude dit :
    Je m’interroge car j’ai des difficultés relationnelles. J’ai été diagnostiquée phobie sociale, mais en plus difficultés dans les interactions. Mon copain a dit que j’ai sûrement un asperger (à cause de ça et que j’ose pas encore faire du sexe)
    Au Rmet test j’ai 28/36, au raads14 j’ai 7 au raads14 mais tous liés à l’anxiété sociale. Le AQ test 16/50.
    Faut que je contacte un centre vous croyez ?
  21. Kiekendief dit :
    Bonjour,
    Merci beaucoup pour ce témoignage… J’en suis moi-même depuis de longs mois à me poser la question de faire un diagnostic, est-ce bien nécessaire, etc.??….. Vous voyez, quoi, ce que je viens de lire dans votre témoignage!
    J’avais fini par me décider à voir une psychologue (malgré le coût!) et j’ai passé un pré-diagnostic avec elle, qui suggère la présence du syndrome d’Asperger …à vérifier! Depuis (presque un an), je cherche désespérément un moyen de faire confirmer s’il y a lieu ce diagnostic …avec tous les doutes que cela soulève presque en permanence!!….
    J’ai pour cela appelé plusieurs CRA …et figurez-vous que celui de ma région (je suis en Rhône-Alpes) se trouve à Lyon et ne reçoit plus que les personnes du département du Rhône par décret de l’ARS!!!!! Evidemment, je n’habite pas dans le Rhône, ce serait trop simple!
    Impossible depuis de trouver une piste sérieuse, personne n’est en mesure de me répondre vraiment: à chaque appel (qui me coûte en énergie et me demande un gros effort!) dans un autre établissement, on me renvoie encore ailleurs et personne ne peut ni me donner de noms de psychiatres spécialisés, ni m’indiquer à quel CRA m’adresser!!! …Sans compter les établissements qui ne reçoivent que des enfants!
    Bref, entre mes doutes et mes questionnements, je tente encore de trouver un peu d’énergie pour essayer de trouver une piste pour obtenir une (ou des!) réponse(s) face à ce diagnostic. Ce que vous décrivez comme bilans effectués au CRA m’intéresse vivement, je pense que cela m’aiderait au moins à y voir plus clair dans mon fonctionnement face à cette société dans laquelle je ne me retrouve absolument pas!

    Je ne vais pas vous exposer tout mon parcours, mais j’avoue être assez découragée!… Toutes ces personnes dites professionnelles …mais incompétentes (et si au moins elles acceptaient de le reconnaître et tentaient de nous orienter vers une personne plus à même de répondre à nos questionnements!…).
    Je ne veux pas lâcher la psychiatre que je consulte actuellement car elle reste mon seul lien dans cette société, mais elle met mes difficultés sur le compte du haut potentiel intellectuel …et selon moi ce n’est pas suffisant! Mais évidemment je ne pourrai en être certaine qu’avec un diagnostic plus complet…
    Je cherche donc soit une piste pour un diagnostic dans un CRA, soit un médecin psychiatre spécialisé dans le syndrome d’Asperger, que je pourrais consulter…
    Encore merci pour ce blog

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